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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 10:52

Image-archive-La-Poste.jpg

 

La poste du Louvre : mort d’un monument républicain

 

Le 15 novembre 2013, a été signé par le Maire de Paris le permis de construire d’un projet qui représente une telle régression dans les pratiques patrimoniales en France qu’il semble vraiment difficile de le passer sous silence, comme tant d’autres. Il s’agit d’un édifice majeur du Paris du XIXe siècle : la Poste centrale du Louvre. Pour être moins connue que les halles de Baltard ou tant d’autres monuments de l’ère haussmannienne, la poste du Louvre n’en est pas moins importante. Son auteur fut l’un des plus célèbres architectes de la fin du XIXe siècle, le plus éminent professeur et théoricien de l’École des beaux-arts, à une époque où cette grande école drainait tout ce que le monde occidental comptait d’étudiants ambitieux. Julien Guadet a signé le dernier grand traité d’architecture de cette lignée artistique de l’École des beaux-arts qui a modelé le visage du Paris que nous connaissons. Il fut le maître d’architectes plus prestigieux les uns que les autres, comme Auguste Perret, et si son enseignement l’a accaparé au point qu’il ne construise que fort peu, du moins a-t-il consacré à ses rares œuvres toutes les ressources intellectuelles de son art.

Le projet d’une nouvelle poste centrale pour Paris a été mis à l’étude dans les années 1870 et le bâtiment mis en service en 1889. Il a été établi selon les standards les plus modernes de l’époque pour ce type d’établissement et a même fait figure de précurseur dans la densification en hauteur de ce programme (auparavant toujours aménagé sur de grandes surfaces à rez-de-chaussée). Pour une efficacité maximum, l’architecte avait distingué et séparé les fonctions de représentation, comme le hall public, placés sur le devant, rue du Louvre, des plateaux libres destinés à abriter des salles de tri superposées, sur les côtés, au-dessus d’un grand garage pour les manœuvres des véhicules de livraison. La partie apparat avait été décorée selon les canons de l’éclectisme, les salles de tri aménagées selon une logique industrielle grâce aux ressources de la plus haute technologie de l’époque : des poutres-treillis métalliques assuraient de très grandes portées à des planchers constitués de matériaux inaltérables, capables d’encaisser les plus importantes surcharges sans le plus petit fléchissement et sans la moindre déformation dans le temps. Quelque chose d’aussi parfaitement stable qu’un observatoire ou un laboratoire qui, pour des raisons évidentes, ne doivent pas bouger d’un millimètre. Cette structure ultra-performante, Guadet l’avait ensuite habillée - comme il était d’usage pour les gares ou les palais d’exposition -, d’une enveloppe de pierre très classique destinée à assurer l’insertion urbaine de l’édifice dans son quartier : en l’occurrence l’architecte a cantonné son bâtiment de massifs d’angle mimétiques des immeubles voisins et créé au milieu, dans l’axe de sa composition, un filtre d’une profondeur accueillante par un rythme serré de contreforts.

D’un point de vue structurel, c’est donc un édifice exceptionnel que la Poste du Louvre. Architecturalement, c’est une leçon magistrale sur l’organisation des espaces par l’un des architectes les plus en vue de l’époque, mais c’est aussi le seul grand monument érigé par la Troisième République dans ses premières décennies ! Si le public ignore tout des prouesses techniques qu’on vient d’évoquer, du moins les Parisiens connaissent-ils tous la poste du Louvre pour une de ses caractéristiques les plus en résonance avec les modes de vie contemporains : l’ouverture 24 heures sur 24, et la possibilité de poster un pli à minuit avec le tampon du jour. Et sans parler des postiers, très attachés à leur vaisseau amiral du centre de Paris et à l’image qu’il donne du travail efficace exécuté dans des lieux d’une grande dignité : une sorte de théâtre de l’utilité sociale.

Bien conçu et encore mieux construit, cet édifice a encaissé sans broncher toutes les modifications déjà exigées de lui, en un siècle, pour les nécessités du service. Mais c’est une transformation d’un tout autre ordre qu’on veut lui imposer aujourd’hui. Confrontée au double mouvement d’explosion de la valeur foncière et de rétractation de ses fonctions, l’administration de la Poste a confié à sa filiale immobilière l’étude d’une « valorisation » de son vaisseau amiral. La filiale immobilière a sollicité des promoteurs privés, lesquels ont compté les surfaces réelles et potentielles (à supposer qu’on aménage des planchers intermédiaires dans les grandes salles encore intactes, qu’on surélève ce qui peut l’être et qu’on retaille la cour) et établi la liste des programmes les plus rentables dans un lieu aussi central que celui-là : sans surprise on y retrouve un hôtel haut de gamme, des commerces de luxe, des bureaux, etc. Un ensemble auquel la Ville de Paris a fait ajouter des logements sociaux ainsi que le commissariat de police indispensable au quartier des Halles mais que le promoteur desdites Halles ne souhaitait peut-être pas voir implanté sur ses terres. Les installations postales restantes étaient prévues dans les surfaces résiduelles et un concours d’architecture fut lancé sur ces bases.

Était-il bien raisonnable de prétendre loger tout cela dans un édifice aussi prestigieux ? C’est bien là le paradoxe et le drame de l’architecture du XIXe siècle, à la fois assez performante et pérenne pour supporter la plupart des reconversions et assez mal protégée pour susciter les convoitises. Bien que figurant dans toutes les histoires de l’architecture, la Poste du Louvre n’a jamais été classée ni inscrite, pour ne pas gêner des services très techniques dans leur gestion de ce lieu de travail. C’était aussi le cas de la Bibliothèque nationale, par exemple, et de quantité de palais nationaux, abandonnés à l’arbitraire d’interventions tantôt respectueuses, tantôt inutilement destructrices. Dans le cas de la Poste du Louvre, c’est la Ville de Paris qui a finalement protégé l’édifice, en 2006, en l’inscrivant dans les listes d’immeubles protégés du Plan local d’urbanisme ; mais curieusement elle a renoncé ensuite à exercer ses prérogatives à cet égard. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que l’architecte lauréat ne se soit pas embarrassé de précautions patrimoniales : il a considéré l’enveloppe existante comme un volume capable, sans égards pour les qualités de l’édifice concret. Il prétend donc supprimer la toiture (au profit d’un volume plus bombé et beaucoup plus rentable) et évider le bâtiment pour aménager des surfaces taillées aux exactes mesures des nouveaux programmes (supprimant ainsi notamment les grands espaces des salles de tri avec leurs structures métalliques qui, par malchance, tombent précisément là où l’on veut mettre des chambres d’hôtel). On ne peut même pas parler de « façadisme », comme on l’a fait pour les sièges de banques du quartier de l’Opéra totalement reconstruits derrière leurs façades haussmanniennes dans les années 80-90, car la façade de la Poste du Louvre sera elle-même transformée par la suppression des fenêtres palatiales d’origine au profit de « bow-windows en creux » et par l’agrandissement des baies de l’étage d’attique sur la façade principale. Certes, en contrepartie, le hall de la poste sera restauré dans son état d’origine (après enlèvement des couches successives de décors différents), mais cela tient vraiment du détail, ou de l’alibi, vu l’ampleur des destructions faites partout ailleurs.

Au niveau de l’État, silence assourdissant ! L’architecte des Bâtiments de France, ne pouvant s’appuyer sur aucun classement, a donné un avis favorable. Au niveau de la Ville, même discrétion : les experts de la Commission (consultative) du Vieux Paris ont certes protesté, mais sans être écoutés.

Que se passera-t-il dans une quinzaine d’années ? Les intérêts divergents des hôtes de ce centre commercial conduiront inévitablement à de nouvelles transformations d’un édifice devenu d’autant plus fragile que son identité ne sera plus vraiment perceptible et que sa valeur patrimoniale sera réputée diminuée précisément par l’intervention actuelle. Le mal ayant « déjà été fait », il sera encore plus difficile encore de plaider pour l’édifice. Une architecture d’une dignité et d’une pérennité supérieures à toutes les espérances, aura été sacrifiée au profit des usages changeants d’un centre commercial. Dans ces cycles futurs de rénovations, l’intervention signée Dominique Perrault risque fort de disparaître, mais celle de Guadet ne réapparaîtra pas non plus.

Pouvait-il en être autrement ? Contre la résignation ambiante, il faut dire clairement que oui. On peut faire autrement et on le fait ailleurs. Dans le cas qui nous occupe, cela avait d’ailleurs bien commencé : étude historique, expertises techniques, consultations patrimoniales « en amont », recherche d’une programmation adaptée à l’existant : tout cela avait été enclenché en son temps, vers 2007, en vue d’une valorisation de l’édifice intégrant ses qualités propres autant que la valeur de son emplacement. Et comme les très grandes salles susceptibles d’accueillir du public sont rares en plein centre et que la demande est forte (rassemblements ou événements, culturels ou commerciaux, etc.), on n’avait que l’embarras du choix des programmes de reconversion. Mais tout a été balayé quelques années après.

La réalisation du capital architectural parisien en espèces sonnantes et trébuchantes au profit des partenaires privés de nos administrations, semble un processus si puissant qu’il a fallu rien moins que la menace de marchandisation de l’hôtel de la Marine pour lui fixer une limite. Il s’agissait là d’un très haut lieu historique et de la place de la Concorde. Aujourd’hui, ce n’est que la Poste du Louvre et la Troisième République. Avant-hier, c’étaient les hôtels aristocratiques du faubourg Saint-Germain, l’Imprimerie nationale, la Bourse ou encore les laboratoires et bassins d’essais de la Marine nationale à Balard. Demain, pourquoi pas, le palais de l’Élysée ? Toutes les administrations logées dans des monuments historiques du centre de Paris sont menacées d’opérations analogues de « valorisation ». Si l’on ne « sanctuarise » pas d’une manière ou d’une autre, par des protections appropriées, le grand patrimoine architectural français, comme on l’a fait des chefs d’œuvres des musées, les dégâts seront absolument considérables dans les décennies à venir. Et sans parler des répercussions économiques que feront peser sur les générations futures le passage généralisé à des régimes de location (ou assimilés) pour des administrations autrefois propriétaires de leurs locaux. Connaît-on beaucoup de propriétaires qui, pour se mettre à l’abri, décideraient de vendre leur domicile et d’en devenir locataires ? C’est ce que fait l’État à Paris.

Il est de notre devoir de sachants citoyens de donner l’alerte pour éviter qu’un tel massacre soit perpétré. Il faut classer d’urgence la poste du Louvre.

 

Une pétition demandant le classement d'office du bâtiment, adressée à la ministre de la Culture, vient dêtre mise en ligne. Signez-la et faites-la signer (en cliquant ici) !

 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 12:52

 

Tourneroches-Saint-Cloud.jpg

 

 

I – Historique de l’entre-deux-guerres
Dans ce domaine, le manoir est construit par l'architecte Henri Jacquelin, en 1930, à la demande de son propriétaire Monsieur François Debat, père de Jacques Debat et fondateur des Laboratoires du même nom.
François Debat fait remplacer un ancien château du XIXe, appartenant à la famille du duc de Goyeneche y Gamio, Grand d'Espagne, sur un terrain de plus de 4 ha, pour bâtir son manoir aux volumes imposants (1 000 m2 environ) en utilisant des pierres, des poutres en bois et des tuiles provenant de demeures abandonnées. Celui‐ci présente une originalité architecturale remarquable dans un style anglo‐normand et régionaliste, tout en profitant d'une situation exceptionnelle sur la hauteur de la colline de Saint-Cloud.
Le manoir, en épousant le terrain surélevé par l'ajout de tonnes de terre pour accentuer la déclinaison de la pelouse centrale, profite d'un panorama unique sur la capitale, face au bois de Boulogne, et à la Tour Eiffel.
Malgré la présence de Paris étendue en contrebas, l'aspect végétal est prédominant et peu de bâtiments sont visibles, les arbres et haies clôturent le parc et la propriété.
François Debat demande à des artistes et artisans des plus talentueux d'orner les pièces traversantes donnant sur le paysage et sur le jardin.
De nombreux éléments de ferronnerie, dans le style des années 30, de panneaux fixés sous verre, de portes coulissantes en arc de cercle, de sols en marbre au motif de l'étoile, de tomettes à l'effigie de l'aigle impérial et des éléments de colonnes provenant du château incendié de Saint Cloud, sont toujours visibles.
François Debat équipe aussi les pièces des innovations les plus modernes en termes de confort, d'hygiène et de chauffage.
Etant prévenu de l'arrivée des allemands à Paris, il déplace et cache ses collections d'oeuvres d'art, en 1940, le manoir est réservé à l'Etat major de l'armée de l'air allemande, la Luftwaffe, notamment pour le maréchal Goering.
Malgré la présence allemande puis américaine, le manoir ne subit pas de réels dommages et en 1950, Jacques Debat ajoute une serre circulaire, ornée de larges baies vitrées et parcourue en son centre par une rivière alimentée par une fontaine dorée originale.


II – Caractères d’un ensemble remarquable
Le dessin du parc entourant le manoir est confié au paysagiste Edouard Redont, travaillant avec Henri Jacquelin. Planté d'arbres devenus exceptionnellement grands dont des cèdres du Liban et des ifs, magnifiques sujets signalés d'intérêt international, cèdres bleus, pleureurs, catalpa, sophora, marronniers parmi les plus remarquables, ceux‐ci deviennent des éléments du paysage et sont inventoriés en 2004, par le Conseil Général des Hauts de Seine.
Ils intègrent ainsi la chartre de protection des arbres remarquables signée par 18 communes dont celle de Saint-Cloud, en février 2005, par le maire Bertrand Cuny.
Cet espace, ancien jardin privé est devenu public, par les donations, en 1980 et 2000 à la ville de Saint-Cloud, de Monsieur et Madame Jacques Debat.
Le jardin devient un lieu de repos, de détente et de contemplation panoramique pour la grande joie des habitants et des promeneurs et participe au maintien de la biodiversité indispensable dans une commune par ailleurs densifiée par de nombreux habitats collectifs.
Proche de la propriété privée de Madame Debat, des talus et potagers du quartier des Coteaux le long des voies du Tram, de l'hippodrome de Saint-Cloud et du jardin de l'Avre, il contribue à la sauvegarde des poumons verts nécessaires à la qualité de vie des habitants.
Valoriser le panorama sur la capitale en laissant l'oeil découvrir, depuis le haut du tapis vert, le bois de Boulogne puis la Tour Eiffel et les différents monuments parisiens comme la coupole des Invalides, tout en cachant volontairement la rue du Mont Valérien, très fréquentée par les voitures, et permettant ainsi de diminuer les bruits et la pollution des gaz d'échappement, est primordial.
Clôturer en .fermant tous les soirs les portes d'accès pour des raisons de sécurité; ce parc est un jardin urbain, semble nécessaire.
Choisir de concevoir un jardin clos pour préserver le calme, le repos, l'absence de bruits que les promeneurs recherchent dans un jardin comme celui‐ci, paraissait évident mais le mur face au panorama vient d'être récemment entièrement restauré, modifié en son centre par l'installation d'un portail, et de rampes pour handicapés.


III ‐ Les sites comparables en région parisienne
Plusieurs autres châteaux et manoirs construits par Henri Jacquelin, architecte originaire de l'Eure et renommé pour ses réalisations de style anglo‐normand, manoirs reconstitués avec des tourelles, balcons ouvragés, moellons de pierre et briques existent encore en région parisienne. Notamment dans l'Eure et à Poissy, la villa Agache présente des similitudes évidentes avec le manoir ou villa des Tourneroches. Ils ont été inscrits pour la plupart au titre des monuments historiques.

 

L'association SAUVEGARDE DE SAINT-CLOUD demande le classement de la totalité du parc, des arbres et des bâtiments comprenant le manoir et deux bâtiments annexes, communs et maisons de gardiens, afin de maintenir dans son intégralité l'existence de ce patrimoine unique, objet d’un legs de la famille Debat à la commune de Saint-Cloud. En effet, les dégradations, qui ne datent pas d'aujourd'hui, semblent s'accélérer avec l'ouverture notamment d'un portail inutile et couteux.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 09:04

Édifiée par l'architecte théoricien Julien Guadet entre 1880 et 1888 à  deux pas du forum de Halles en cours de rénovation, la Poste du Louvre est un édifice à la fois connu et méconnu du public.

Soumis à l'expertise des membres de la Commission du Vieux Paris, le projet de reconversion confié à l'architecte Dominique Perrault a été l'occasion d'une découverte sensationnelle. Rien ne laissait présager à l'arrière des austères façades du quadrilatère de pierre, l'existence de nefs métalliques grandioses, qui font de la Poste du Louvre l'un des chefs-d'œuvre de l'architecture industrielle de la IIIe République.

Poste-du-Louvre-1er-etage-vue-ancienne.png

 

 

 

Or, les données du programme et les choix projectuels de l'architecte de la Grande Bibliothèque entraînent un démantèlement des structures et une saturation des volumes indignes du monument dont il s'agit.

Pour favoriser une réorientation de ces hypothèses de projet, Paris Historique et l'université Paris 1 ont programmé une journée d'étude, le jeudi 7 novembre prochain après-midi, dont vous trouverez le programme ci-après. On y évoquera entre autres le cas d'une expérience réussie, celle de la mise en valeur du Palacio de Communicaciones de Madrid, par l'architecte Francisco Rodriguez de Partearroyo.

  

 

Programme du jeudi 7 novembre après-midi

 

14h00 Présentation de l'après-midi : Pierre Housieaux, président de l'association "Paris Historique" et Jean-François Cabestan, historien de l'architecture, Paris 1.

 

MADRID, LE PALACIO DE COMMUNIACIONES

14h30: Francisco Rodriguez PARTEARROYO, agence Arquimàtica, Madrid, avec le concours de Hugo SORIANO, architecte à Madrid

 

La genèse de l'équipement, ses stratifications, le concours, le programme, les méthodes et stratégies d'intervention PARIS, LA POSTE DU LOUVRE

 

15h30 Simon Texier, professeur à l'université de Picardie : La croisée de la rue du Louvre et de la rue Étienne-Marcel

15h50 Guy Lambert, enseignant à l'ENSA de Paris-Malaquais : La genèse et les stratifications de l'équipement postal.

16h10 Henri Bresler, architecte : Julien Guadet, le théoricien et l'architecte

17h00 Cinq projets pour l'équipement de Guadet, Jean-Patrick Fortin, architecte-urbaniste Jean-François Cabestan, Paris 1 Anne Démians, agence "Architectures Anne Démians"

17h45 Table ronde : la Poste du Louvre en débats Marie-Jeanne Dumont, architecte, ENSA de Paris-Belleville, Pierre Housieaux, président de Paris Historique, Jean-Michel Leniaud, directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études Jean-François Lagneau, architecte en chef des Monuments historiques ; modérateur : Jean-Paul Robert, architecte, ENSA de Paris-Belleville.

 

18h30 : parole donnée à la salle

 

Auditorium Colbert de l'INHA, 2, rue Vivienne Paris 2e, entrée libre, cocktail

Partenaires : HiCSA Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Association « Paris Historique »

 

Venez nombreux !

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 15:20


Madame la Ministre,

En qualité de porte-parole du collectif qui milite en faveur de la préservation de la halle de Fontainebleau, je viens vous dire que nous ne comprenons pas l'attitude du Ministère.

En dépit de courriers répétés, du soutien inconditionnel de quinze Grands Prix de l'Architecture et de l'Urbanisme, distingués par les ministres qui vous ont précédée, d'ingénieurs de renom international, de la S.P.P.E.F., reconnue d'utilité publique et, plus récemment, de l'appui expressément formulé par le Ministre Jack Lang, nous ne  
percevons à trois jours du démantèlement de l'édifice aucune réaction de votre part.

Halles_Esquillan_en_1942.jpg

 

L'erreur d'appréciation manifeste qui selon nous entache votre décision d'abroger fin juillet l'instance de classement du 5 mars 2013 donne donc lieu aujourd'hui au recours contentieux et au référé que nous déposons en ce moment même auprès du T.A. de Paris.

Le collectif et l'ensemble des personnalités que j'ai l'honneur de représenter déplorent d'avoir à assumer des responsabilités qui vous incombent : la préservation du patrimoine du XXe siècle auquel vous venez lors des journées du patrimoine de manifester votre attachement.

Une conférence de presse s'improvise dimanche prochain 22 septembre au marché de Fontainebleau à 11h30 et nous appelons par cette lettre ouverte tous ceux que le sort de cette rare et précieuse nef de béton construite par Henri Bard et Nicolas Esquillan (concepteur des voûtes du CNIT à la Défense) en 1942 préoccupe à nous rejoindre place de la République, plus connue - pour quelques jours encore - sous le nom de place du Marché.

Convaincu que le différend qui nous oppose aujourd'hui ne peut que reposer sur un malentendu, j'anticipe et me réjouis de ce temps - je l'espère prochain - où nous travaillerons tous ensemble dans le même sens.

Les circonstances en offrent une occasion immédiate. Pouvons-nous vous prier de veiller à rendre exécutoire le référé suspensif - c'est-à-dire faire surseoir de quelques semaines la démolition de la halle - jusqu'à ce que le T.A. de Paris tranche définitivement l'affaire, sans doute d'ici au début du mois d'octobre ?

Veuillez croire, Madame la Ministre, à l'expression de ma très profonde et très sincère considération.

Jean-François Cabestan

au nom du collectif en faveur de la préservation du marché couvert de Fontainebleau

 

 

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:00

On croyait avoir pourtant échappé au vandalisme. Notre siècle, croit-on, se veut savant et raffiné... mais il lui manque l'essentiel : les idées, la réflexion et l'esprit. Notre génération serait-elle aculturée ?

Le temps est décidément venu d'élire des édiles qui nous tirent vers le haut, vers le beau. Tout le monde y aspire et cela pacifierait nos sociétés.

 

A lire sans modération : http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2013/06/19/03015-20130619ARTFIG00476-la-place-de-la-republique-defiguree.php

 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:59

Nous confirmons le contenu de cet article du Canard enchaîné du 5 juin dernier : la Commission du Vieux Paris a vraiment beaucoup de diffcultés à se faire entendre... Et pourtant ses avis sont raisonnés, sages et largement argumentés aux yeux de ceux qui tentent de préserver notre patrimoine et nos sites !

 

Elle gêne beaucoup le cabinet du maire mais elle a le mérite d'exister ; ses débats sont de véritables moments constructifs et instructifs. Ils replacent à leur juste et très modeste valeur toutes les vaines arguties des promoteurs et des bétonneurs (y compris ceux qui peuvent aussi être élus !) que l'on peut entendre par ci par là...

 

        canard

 

 

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 14:07

 

Les Amis des Tuileries ont décidé de publier une édition spéciale de leur Lettre, à l’occasion du 400e anniversaire de la naissance de Le Nôtre. Ils ont décidé de ne pas s’associer aux diverses manifestations que le Louvre, gestionnaire des Tuileries, organisera pour marquer cet événement.

Ils tiennent ainsi à manifester leur opposition, que nous soutenons, à la politique commerciale menée depuis des années par ce gestionnaire, qui conduit à une exploitation sauvage du jardin et à sa dégradation.

 

Paris historique attire quant à lui, plus généralement, l’attention de ses adhérents et de ses lecteurs sur les politiques (y compris et surtout celles de l’Etat et des Collectivités) menées en matière touristique et commerciale. Nombre de lieux (la liste est longue) sont actuellement dénaturés, voire saccagés, pour mieux satisfaire à des besoins et appétits mercantiles sans lendemain et voués à des intérêts souvent privés. On en est au point où notre patrimoine est devenu un simple produit commercial catalogué, présenté dans des sites réduits eux-mêmes à de triviales galeries marchandes.

Nos amis touristes, nos visiteurs méritent vraiment autre chose et - nous en sommes sûrs -, soutiennent ce type d’actions menées comme étant la marque du respect infaillible que nous devons à nos bâtiments et sites historiques, architecturaux et paysagers, ainsi qu’à tous ceux qui les ont construits et façonnés au fil des ans.

Il n’est pas encore trop tard pour que ceux qui « organisent » aujourd’hui le tourisme cessent leur comportement et leurs objectifs désespérément mercantiles et dévastateurs. De véritables réflexions doivent être menées pour trouver un vrai équilibre entre patrimoine, culture et leur mise en valeur touristique. Elle est essentielle à l’enrichissement de chacun d’entre nous…

 

Ci-dessous, le texte publié dans la Lettre des Amis des Tuileries, numéro 9 – Mai 2013 :

 

« Un chef-d’œuvre en péril

 

Le Louvre qui gère le jardin des Tuileries célèbre cette année les 400 ans de la naissance d’André Le Nôtre. Mais sa politique commerciale transforme ce patrimoine historique d’exception en un terrain d’exploitation éhontée. Plus de 120 jours par an (essentiellement regroupés à la belle saison), poids lourds et engins de levage monstrueux envahissent ce lieu fragile pour installer puis démonter de gigantesques chapiteaux abritant des manifestations mercantiles et largement privatives et une fête foraine ressemblant en plus à un Luna Park.

Les conséquences en sont terribles. Non seulement le jardin et ses superbes perspectives sont défigurés pendant de longs mois par de volumineuses masses hideuses et les nuisances et dégradations sont nombreuses.

La circulation incessante de véhicules de 30 à 40 tonnes (avec 5 ou 6 essieux) dans les fragiles allées détériore les plantations (près d’une centaine d’arbres en mauvaises santé ont dû être abattus en octobre dernier) et réduit en poussière le fin revêtement stabilisé du sol. Les fines particules s’infiltrent jusque dans les collections du Louvre.

Dans le musée de l’Orangerie, il faut ainsi chaque semaine dépoussiérer les Nymphéas de Monet atteints par cette pollution.

Régulièrement alertés depuis 10 ans par Les Amis des Tuileries, les responsables politiques et administratifs restent étonnamment inertes ou silencieux, acceptant tacitement cette confiscation d’un bien public et le saccage organisé d’un chef-d’œuvre inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. »

 

Pour plus information, nous vous invitons à visionner le reportage diffusé le 2 mai dernier sur France 2 à 20h. :

http://www.francetvinfo.fr/jardin-des-tuileries-un-chef-d-oeuvre-en-peril_316239.html

 

 

 

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 09:37

Contre-la-tour-Triangle.jpg

 

... concernant la modification du plan local d’urbanisme sur la partie « Grand Parc ».

 

Des panneaux jaunes ont été placardés ces derniers jours dans le 15e arrondissement de Paris.

Ils annoncent une enquête publique (du 15/03/2013 au 15/04/2013 inclus) en vue de la modification du plan local d’urbanisme (ou PLU) au niveau de la partie « Grand Parc » (partie du Parc des Expositions située à l’est de l’avenue Ernest Renan), afin de permettre sur cette zone, la construction d’un hôtel de moyenne capacité et d’un centre de congrès.

Cette modification souhaitée par la Mairie de Paris viendrait s’ajouter au projet de révision du plan local d’urbanisme nécessaire au projet de Tour Triangle (tour de bureaux de 180 mètres de haut !), révision impérative préalablement à la construction d’un immeuble dérogeant à la règle qui limite à 37 mètres de haut, la hauteur de toute nouvelle construction dans la capitale, et qui devrait être votée en conseil de Paris en juillet prochain.

 

Le Collectif contre la Tour Triangle s’étonne de cette nouvelle modification du plan local d’urbanisme, plusieurs conseillers de Paris aussi. En effet, la Mairie de Paris scinde par petits bouts les modifications de PLU.

« Hier » une révision simplifiée concernant le Parc des Expositions et nécessaire à la construction de la Tour Triangle.

« Aujourd’hui » une modification concernant la partie « Grand Parc » dont l’objectif manifestement, est d’essayer de « lever » la 1re réserve émise par le commissaire enquêteur à l’issue de l’enquête publique (lien vers rapport d’enquête) du projet Tour Triangle (du 17/11/2011 au 20/12/2011).

Sauf erreur d’interprétation, ce « montage administratif en deux temps », a privé les parisiens et leurs représentants, d’une vision globale, cohérente et transparente nécessaire à la compréhension du dossier « restructuration du Parc des Expositions » dès 2011, restructuration qui aurait dû respecter d’emblée les préconisations de l’audit diligenté par la Mairie de Paris (audit KPMG), afin de permettre au Parc des Expositions, de garder sa place de leader européen.

 

A propos de la Tour Triangle, il s’agit encore aujourd’hui d’une simple opération privée de construction de bureaux qui risque à terme, de « fragiliser » le développement du Parc des Expositions en scindant celui-ci en deux parties distinctes, et qui est « incapable » de démontrer un intérêt général pour le Parc des Expositions et pour la collectivité. Les conditions nécessaires à une procédure de révision simplifiée du PLU (projet privé + intérêt général) ne sont toujours pas remplies.

Le projet de modification du PLU au niveau du Grand Parc n’y change rien. Si celui-ci revêt un intérêt général… ce dernier n’est pas « contagieux »… y compris vis-à-vis de la Tour Triangle…

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 21:58

    Hala-Matache.jpg

 

Nos amis roumains viennent de nous informer de la décision de la mairie de Bucarest de faire démonter en pleine nuit du 26 au 27 mars, la halle Matache datant du XIXe siècle et classée monument historique. Cet acte de vandalisme suscite un tollé chez nos amis, les défenseurs locaux du patrimoine, que nous soutenons depuis plusieurs années.

Il ne s’agit pas de détruire cette halle mais de la déplacer ailleurs ose affirmer la mairie. Tiens cela ne nous rappellerait-il pas également certains vieux souvenirs à nous aussi !

Le maire de Bucarest veut en effet faire passer une autoroute urbaine à quatre voies sur l’emplacement actuel de la halle.

Ce démantèlement de nuit, a eu lieu le jour même où s’est ouvert le débat public sur le plan d’urbanisme de ce quartier de la Halle. Les bonnes vieilles méthodes existent toujours : on se souvient que Nicolae Ceaucescu avait fait démolir des quartiers historiques entiers et de nuit, pour construire un palais démesuré de 350 000 m2, aujourd’hui pratiquement inutilisé.

Construite au XIXe siècle, classée monument historique, la halle Matache était devenue ces deux dernières années, le symbole même de la bataille des associations contre la destruction du patrimoine bucarestois. Ce projet de construction d’un axe routier à quatre voies lancé par la mairie en 2011 dans ce quartier historique, avait donné à nos amis roumains l’occasion de se mobiliser pour préserver le site. Plus de 70 bâtiments, y compris des monuments historiques, ont toutefois déjà été détruits de manière expéditive et vidés tout aussi impunément de leurs habitants.

En 2011, après avoir perdu un procès, la mairie avait pourtant promis de ne pas détruire la halle, les associations et l’Union des architectes proposant un plan alternatif pour construire cet axe routier. Quel bel exemple de démocratie et de respect des citoyens !

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 23:07

Pour une sauvegarde du patrimoine ferroviaire existant sur le futur Ecoquartier de Pantin.

 Pantin-local.jpg

L’ancien site dit « Pantin Local », futur Ecoquartier était à l’origine, en 1862, destiné au trafic local de marchandises qui transitaient sur le réseau de la Compagnie des chemins de fer de l’est.

Les premiers bâtiments sortis de terre en 1863, constituent aujourd’hui un rare témoignage des débuts de l’activité ferroviaire à Pantin ; témoignage d’autant plus précieux que la gare de marchandises des Batignolles à Paris vient d’être rasée.  Elle renfermait en son sein, les plus anciennes halles ferroviaires connues en France (1843).

La ville de Pantin et la communauté d’agglomération Est Ensemble ont donc l’opportunité  de conserver trois quais couverts en bois datés de 1863-64 et parmi les plus anciens de France situés juste en face des quais de la gare voyageurs et parfaitement méconnus !

 

L’ensemble, station des voyageurs (1892), passerelle métallique donnant accès aux voies (1893) et ces trois quais couverts présentent un paysage ferroviaire assez proche de celui offert aux voyageurs du XIXe siècle.

           

Aujourd’hui, ces hangars, flanqués de bardages métalliques modernes et disgracieux, cachent au voyageur de superbes charpentes en chêne avec pont-roulant, en bon état de conservation et surtout de très belles caves voûtées de pierre soutenues par un pilier central unique. Enfin, on y accède par un escalier extérieur en pierre encore visible le long du pignon.

           

 

Mais la singularité du site ne s’arrête pas là. On découvre en effet dans la cour d’entrée principale, de part et d’autre  du pont routier franchissant les voies (avenue Edouard Vaillant), trois bâtiments de finition soignée, affectés dès 1875 au remisage du matériel militaire, permettant de transformer des wagons de marchandises en wagons de transport de troupes ; la défaite de 1870 ayant montré des carences en ce domaine.

 

Pantin devient donc un site militaire stratégique, aux portes de Paris, pour l’embarquement des troupes en cas de conflit ! Cette mémoire ne doit pas disparaître avec la destruction programmée de ces bâtiments pourtant facilement réhabilitables et formant une belle unité architecturale par ses alignements de façades et toitures homogènes devant la cour d’entrée pavée.

 

On le voit, l’avenir patrimonial et donc mémoriel du site s’avère menacé alors qu’il se trouve dans le périmètre de protection des 500 mètres de la piscine Leclerc, inscrite monument historique ! Lors de la réunion publique du 21 janvier 2013 concernant la création de la ZAC pour l’Ecoquartier, il a été annoncé que les seuls éléments patrimoniaux retenus à ce jour seraient le bâtiment des employés dans la cour d’entrée et la partie du quai aux bestiaux soutenant le rail du souvenir, lieu de mémoire de la déportation.

A cela, il conviendrait d’ajouter, pour être ambitieux et complet, des éléments significatifs de la mémoire ouvrière et industrielle de Pantin.

 

Pourquoi, dans ce cas, ne pas intégrer les témoins les plus caractéristiques de l’activité initiale du site, comme la totalité du quai aux bestiaux avec ses accès, lié aux abattoirs de la Villette, les trois quais couverts précédemment décrits et les bâtiments militaires à l’entrée ?

L’Ecoquartier ne s’intègrera vraiment que si toutes les couches du passé, constitutives d’une véritable identité de ce territoire pour la population pantinoise d’aujourd’hui, sont prises en compte. En inscrivant ces témoins d’hier dans un nouvel avenir, par une réaffectation-transformation judicieuses, on permet un support concret à la mémoire collective, seule garante de la cohésion sociale.

C’est pourquoi l’ambition et l’imagination doivent prévaloir sur la politique de la table rase !

 

Pour toute information : ECOPAN-Association pour l’Ecoquartier de Pantin - www.ecopan.fr

 

Vifs remerciements à Guillaume Kozubski, chercheur qui a réalisé l’étude historique de la gare de marchandises de Pantin et dont les résultats ont été rendus publics lors d’une conférence en mairie de Pantin. Cet article s’inspire très largement de son travail. 

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