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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 19:59

Rue Berton près musée Balzac

Rue Berton (16e)

 

REVUE DE PRESSE

 

- Le quartier Sainte-Marthe renaît

Il aura fallu plus de dix ans de travaux pour sauver l’une des plus anciennes cités ouvrières de la ville, située dans le 10e. Grâce à des fonds publics, près de 700 petits propriétaires ont pu rénover leurs immeubles décrépits. « Ici, ce n’est pas Paris, c’est un village », lance Angelo Aversa. Cet artiste napolitain a installé sa galerie au pied d’un petit immeuble de la rue Sainte-Marthe, au milieu des devantures en bois colorées, si caractéristiques de ce quartier du bas Belleville. Tous les week-ends, des voisins s’arrêtent prendre le café dans l’espace qui sert aussi de bureau à son épouse.

La rue Sainte-Marthe fait partie, avec la rue Moinon, de l’un des premiers ensembles de logements ouvriers de la capitale : la cité du Comte-de-Madre, édifiée au XIXe siècle. Ce quartier populaire, devenu au fil des ans un lieu branché, a bien failli être rasé. En cause, d’importants problèmes de salubrité que les copropriétaires, faute d’argent ou de volonté, peinaient à résorber seuls. Mais grâce à la pugnacité des habitants, l’îlot a finalement été quasiment entièrement rénové. En contrebas de l’atelier d’Angelo Aversa, à l’angle de la rue Saint-Maur, les ouvriers travaillent encore à la construction de deux immeubles. « Il s’agit des toutes dernières opérations réalisées dans le cadre de l’opah (opération programmée d’amélioration de l’habitat) », se félicite Rémi Féraud, le maire du 10e. Comme le réclamaient les riverains, la plupart des cinquante bâtiments composant l’îlot ont été préservés. Seuls sept immeubles, les plus irrémédiablement délabrés, ont été rachetés par la siemp, une société d’économie mixte de la Ville, et démolis. A la place, des logements sociaux ont été édifiés.

Le quartier revient de loin. « Quand je suis arrivée de ma banlieue dans les années 1980, c’était la zone. Les taxis refusaient de s’y arrêter », se souvient Cândida Rodrigues, la présidente de l’association Saint-Louis-Sainte-Marthe. Trois opah successives auront été nécessaires pour redonner du lustre à la cité. La dernière aura été la plus longue et la plus coûteuse : dix ans de travaux et plus de 22 M€, dont 19 de fonds publics. « Certaines copropriétés n’avaient pratiquement pas de fondation, indique René Bresson, chef de projet du cabinet ayant assisté les syndics. Le sous-sol présentait par ailleurs des poches de dissolution de gypse. Si bien qu’il a fallu injecter près de 7.000 m3 de béton ». Dans le local du Parti communiste, les militants ont conservé de nombreux documents témoignant des combats menés pour obtenir la réhabilitation. « Jamais nous n’aurions pensé qu’il aurait fallu plus de trente-cinq ans pour arriver à ce résultat », sourit Jean-Pierre Leroux, un ancien élu. (Extrait de l’article de Joffrey Vovos – Le Parisien du 22/03/201).

 

- La Poste confie son fleuron à l’architecte de la BNF

A bientôt 60 ans, Dominique Perrault fait un retour remarqué en Île-de-France. L’architecte de la bibliothèque François-Mitterrand a remporté le concours de la restructuration de la Poste du Louvre (1er). Cet édifice de 35 000 m2, œuvre de Julien Guadet (1834-1908), abrite le plus grand centre de distribution de courrier de France et le seul bureau de poste ouvert nuit et jour, sept jours sur sept.

Dans le hall d’exposition de l’agence Perrault, lieu très discret dans le 11e arrondissement où phosphorent près de soixante-dix personnes, les maquettes du projet trônent en bonne place parmi les autres grandes réalisations de l’architecte : le vélodrome et la piscine olympique de Berlin, l’extension de la Cour européenne de justice au Luxembourg ou encore le réaménagement du parc du Manzanares à Madrid.

Un chantier aussi prestigieux que colossal. Il faut dire que le chantier de la rue du Louvre est aussi prestigieux que colossal. La Poste a souhaité non seulement moderniser le site mais aussi libérer de l’espace pour intégrer de nouvelles fonctions. Les activités postales seront donc réunies sur trois niveaux tandis que le reste de l’édifice accueillera des commerces, des bureaux, une antenne de police, une halte-garderie et une salle de travail pour étudiants. Le dernier étage et le toit seront, quant à eux, occupés par un hôtel-restaurant de 80 chambres, avec terrasse panoramique donnant sur l’église Saint-Eustache. Enfin, 1 200 m² de logements sociaux sont prévus à l’angle de la rue Rousseau et de la rue Etienne-Marcel. « Ce bâtiment industriel est une bénédiction, s’enthousiasme Dominique Perrault. Sa conception est très moderne puisqu’il se compose d’une peau de pierre enveloppant une structure à charpente métallique ». L’originalité du projet porté par son agence est d’avoir ouvert ce monolithe de 100 mètres de côté sur le quartier. De ce grand cœur évidé et transformé en place publique, les piétons pourront voir les différentes strates du monument. Les travaux doivent démarrer dans le courant de l’année pour une livraison début 2017. Le coût du projet est estimé à 80 M€. (Extrait de l’article de Joffrey Vovos – Le Parisien du 15/02/2013).

La Poste : de superbes vaisseaux métalliques menacés

La commission du Vieux Paris, chargée de la protection du patrimoine de la capitale, a découvert le site peut-être trop tard. « C’était incroyable de voir ces superbes vaisseaux métalliques, avec leurs colonnes de fonte, leurs chapiteaux et leurs poutres d’une portée de 12 à 18m » décrit Jean-François Cabestan, spécialiste du patrimoine parisien, chargé du suivi du dossier de la Samaritaine et membre de la commission. Or le site construit de 1880 à 1888 dans la foulée des grands travaux d’urbanisme d’Haussmann, jamais visité en dehors des agents de la Poste, n’est ni protégé ni inscrit à l’Inventaire des monuments historiques. L’hôtel de la Poste a d’abord été conçu comme un bâtiment industriel et institutionnel. Le souci de l’architecte a ensuite été de faire de son usine « un monument ». Il a alors utilisé la pierre pour les façades sur rue.

Les défenseurs du patrimoine inquiets. Mais aujourd’hui, une partie des structures métalliques est « menacée » par le projet de Dominique Perrault, selon les experts de la commission. Mises à nu, ouvertes à tous les vents, elles perdent ainsi de leur force. « Nous sommes préoccupés », indiquent les membres de la commission qui prévoient de faire une visite plus complète du site avant de faire des propositions. « Il est certainement possible de réaliser le projet de la Poste, souligne Jean-François Cabestan, tout en respectant davantage le site ». (Extrait de l’article d’Éric le Mitouard – Le Parisien du 15/02/2013).

Nous avons interrogé la direction de la Poste, afin qu’elle nous autorise exceptionnellement d’ouvrir ce lieu insoupçonnable au public, à l’occasion des prochaines journées européennes du patrimoine des 14 et 15 septembre 2013

 

- Boucicaut continue sa mue

Hasard ou fausse coïncidence, hier il a beaucoup été question de la ZAC Boucicaut et de son écoquartier de 5 ha en pleine construction. Le matin, c’est Anne Hidalgo, élue PS du XVe et candidate à la mairie de Paris pour les prochaines municipales, qui a mis casque et gilet de chantier pour visiter le site avec les architectes et les représentants de l’aménageur, la SemPariSeine.

Le soir, c’est le maire de l’arrondissement, Philippe Goujon, qui faisait le point, en conseil de quartier, sur l’avancement de cette seconde phase d’un projet qu’il juge « totalement surdensifié en logements sociaux », avec une architecture qu’il estime très discutable, et mené sans concertation. « Une monstruosité urbanistique », lâche Philippe Goujon en évoquant cet Ilot C, qui doit être livré d’ici le mois de septembre. Un ilot qu’a justement parcouru, quelques heures avant, Anne Hidalgo, séduite par « l’espace pacifié » de l’immeuble.

Cet immeuble de 7 étages avec façade en briques, grande terrasse partagée au cinquième, capteurs solaires et toiture végétalisée comprendra 57 logements sociaux, dont plus d’un tiers de grands logements, une résidence de travailleurs migrants et un équipement culturel en rez-de-chaussée. L’on parle déjà de l’installation de l’Agence du court-métrage, de quoi renforcer l’attractivité de cette ZAC.

Apaiser les querelles entre anciens et modernes. L’ensemble des aménagements a été pensé pour tenter d’apaiser les querelles entre anciens et modernes : plusieurs bâtiments typiques de l’architecture hospitalière du XIXe siècle ont en effet été préservés et rénovés, à commencer par l’ancien pavillon d’accueil, qui abrite depuis dix ans une école élémentaire. La première phase du chantier de construction des nouveaux bâtiments avait annoncé, en 2009, la vocation sociale du site, avec la création de logements, d’une maison-relais pour femmes en difficulté, d’une crèche, d’un centre médico-éducatif et d’une structure pour personnes âgées dépendantes, ainsi qu’un petit lot de commerces. La seconde phase, fin 2011, accentue l’enjeu social, mais annonce des aménagements à venir censés donner plus « d’attractivité économique » au lieu, ainsi que le prédit Anne Hidalgo. Dans la partie centrale encore en friche, l’espace vert de 3.500 m² sera bordé d’immeubles mixtes, d’une pépinière d’entreprises, d’un foyer pour adultes handicapés et de nouveaux commerces. Le principal sera livré d’ici fin 2014, l’ensemble achevé fin 2015. (Article d’Elodie Soulié – Le Parisien du 23/02/2013)

 

- Les Tuileries à la recherche de mécènes

« Jardin à la française au cœur de Paris cherche 15 M€ pour retrouver son lustre d’antan » : telle est la petite annonce que pourrait passer la direction du Louvre dans la revue « Ma maison, mon jardin » pour restaurer les Tuileries (1er) ! Créé en 1566 pour Catherine de Médicis, qui fit construire le palais des Tuileries, le plus ancien jardin public de France dépérit. Transformé en voie de passage poussiéreuse entre la Concorde et le musée du Louvre, le jardin des Tuileries, foulé aux pieds chaque année par 14 millions de promeneurs, fait grise mine. Aujourd’hui, moins de la moitié (42%) de la surface (23 ha) est plantée, contre près des trois quarts (71%) au XVIIe siècle.

Un chantier à 15 M€ sur dix ans. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le jardin des Tuileries, classé monument historique, compte encore 2.806 arbres et plus de 100.000 plantes. Mais il y a urgence à le reverdir. Suivi par la Drac (direction régionale des Affaires culturelles), le projet, qui n’est pas encore définitivement arrêté, est supervisé par l’architecte en chef des monuments historiques, Dominique Larpin. « L’idée, c’est de se rapprocher de la physionomie du jardin à la française, tel que l’avait conçu le jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre, dont le Louvre fête cette année les 400 ans de la naissance. Nous resterons dans le classique, en cherchant à retrouver des essences d’arbre disparues », explique-t-on au Louvre, dont dépendent les Tuileries. Pas question de s’inspirer du travail du jardinier Louis Benech, qui a planté il y a deux ans des palmiers dans le jardin des Archives (3e)! Il y a une vingtaine d’années, le même Benech avait réaménagé avec Pascal Cribier les pelouses et les massifs de buis du grand carré, partie des Tuileries la plus proche du Louvre.

Crise oblige, le Louvre entend bien mener ces travaux sans bourse délié. D’où l’appel au mécénat pour financer ce chantier, dont le coût est évalué à 1,5 M€ par an sur dix ans. Pour l’heure, aucun mécène ne s’est manifesté. Toutefois, le coup d’envoi des travaux a été donné à l’automne : malades, tous les arbres du bosquet nord-est (côté rue de Rivoli) ont été déracinés. A la fin de l’année, de jeunes cormiers, charmes, érables et merisiers seront plantés en lieu et place des châtaigniers disparus. (Article de Philippe Baverel – Le Parisien du 28/02/2013)

 

- Inquiétude autour de la ferme Montsouris

Elle était protégée par une décision de justice. Cela fait vingt ans que les défenseurs du patrimoine se battent pour protéger la ferme Montsouris, la dernière ferme de Paris, rue de la Tombe-Issoire (14e). Hier, associations et élus se sont indignés de la décision d’Aurélie Filippetti. La ministre de la Culture a fait voler en éclats la décision de justice en validant une nouvelle autorisation de travaux aux promoteurs dans cette ferme bâtie sur des carrières médiévales classées aux monuments historiques.

Le collectif d’associations dénonce des « amitiés politiques tant à droite qu’à gauche » du promoteur, un « non-respect des décisions de justice » et prévient : « Nous allons déposer un recours qui attaque directement la ministre de la Culture ». René Dutrey, conseiller de Paris EELV, a enfoncé le clou en déclarant qu’« il est hors de question de brader le patrimoine de Paris pour une juteuse opération immobilière ». (Article de C.C. – Le Parisien du 20/02/2013).

Du sursis pour un site historique.

Bien droite sur ses fondations depuis le milieu du XIXe siècle, la ferme Montsouris a sans doute bénéficié d’un sursis lundi. Le Conseil de Paris a en effet voté une délibération pour demander la protection du site au titre de la législation sur les monuments historiques et s’est engagé à modifier le plan local d’urbanisme afin de rendre le site inconstructible à l’avenir. Un peu plus tôt dans la matinée, les ouvriers du promoteur Soferim avaient pourtant déposé leurs outils pour entamer leurs travaux.

Protégée depuis plus de vingt ans par des associations locales, l’ancienne ferme nourricière Montsouris a été rachetée par la Soferim qui envisage d’y construire un immeuble de 80 logements. « Maintenant, il faut que Bertrand Delanoë fasse pression pour que les travaux s’arrêtent immédiatement » réclame l’élue Marie-Claire Carrière-Gée, qui a porté le projet de délibération au Conseil. (Extraits de l’article de Vincent Vantighen – 20 Minutes du 26/03/2013).

 

- A la reconquête de la Bièvre en Île-de-France

Le saviez-vous ? Il y a un peu plus d’un siècle, la Bièvre sillonnait les 13e et 5e arrondissements de la capitale, pour venir se jeter dans la Seine, au niveau de la gare d’Austerlitz. Désormais, seulement 20 des 36 km de cette rivière demeurent à ciel ouvert. 11 km sont canalisés à partir du Parc Heller à Antony (92) jusqu’à Gentilly (94). Et 5 km dans la capitale ont disparu sous les remblais et l’urbanisation. Aujourd’hui, l’heure est à la renaissance de la Bièvre dans sa partie aval grâce à un projet porté par le département du Val-de-Marne et financé en partie par la Région. « Ce projet est porté depuis les années 80 par des associations environnementales historiques », explique Delphine Pelletier, coordinatrice des projets de réouverture de la Bièvre à la direction des espaces verts et du Paysage/ direction des services de l’environnement et de l’assainissement du conseil général du Val-de-Marne. En outre, un contexte réglementaire favorable à des projets d’ouverture s’est installé. D’ici 2016, deux tronçons vont être ré-ouverts et renaturés. Le premier se situe à Arcueil/Gentilly (94) en lien avec l’aménagement du Parc de Coteau, et le second à l’Hay-les Roses (94). A travers ce projet de réouverture, « il s’agit de retrouver un cours d’eau naturel, de bonne qualité tant du point de vue de la faune que de la flore, un lit de rivière propice à la biodiversité », ajoute Delphine Pelletier. Une reconquête sur la ville, qui participe aussi à l’amélioration du cadre de vie.

Des stations d’épuration à développement durable : Que ce soit pour la renaissance de la Bièvre ou les renaturalisations des berges de la Seine, de la Marne ou de l’Oise, la Région Île-de-France apporte un appui aux collectivités. Elle les aide dans leur démarche de prévention des pollutions et pour la restauration écologique des rivières et des eaux souterraines. D’autres actions ont été engagées, comme la mise en place d’une étude de définition d’Eco-Station d’épuration (Eco-STEP). Objectif : accompagner et vérifier la faisabilité d’une démarche de développement durable, lorsque les collectivités souhaitent s’équiper d’une station d’épuration. Résultat : ce travail a démontré la possibilité d’introduire des critères sociaux dans les projets de stations d’épuration. Six stations sur les dix étudiées ont ainsi été classées stations d’épuration Eco-STEP. (Métro du 18/02/2013)

 

- Rénovation de haut vol sur la Tour Eiffel.

Depuis le sol, les échafaudages accrochés sous le 1er étage et cachés derrière des filets antichute passent presque inaperçus. Depuis un an, le premier niveau de la Dame de fer est pourtant le théâtre d’un chantier de rénovation hors-norme, mené à 57 m au-dessus des visiteurs qui patientent devant l’ascenseur du pilier nord (le seul en service actuellement).

Le projet, lancé par la mairie de Paris (propriétaire du monument), a pour but de redonner de l’attrait à l’étage le plus mal-aimé de la tour. Près de la moitié des 7 millions de visiteurs annuels ne font qu’y passer, en chemin pour le sommet.

Le cabinet d’architecte Moatti-Rivière, qui a remporté le marché de rénovation, a prévu de remplacer les 3 pavillons du 1er étage (très datés années 1980) par de nouveaux bâtiments tout en transparence, qui épouseront l’inclinaison des piliers de la tour. Autre nouveauté, une partie du sol en métal autour de l’ouverture, au centre de la tour, sera remplacée par un plancher de verre prolongé par des garde-fous translucides.

Le projet aura du retard. Autant de travaux qui seraient « faciles » sur le plancher des vaches mais qui prennent des allures de casse-tête dans le ciel de Paris. « Rien n’est simple sur la tour, confirme Jean-Pierre Baron, chef de projet du groupe Bateg qui réalise les travaux. D’abord parce que la tour reste ouverte aux visites. Ensuite parce que c’est un édifice historique sur lequel on ne peut pas faire n’importe quoi ».

Pas question de percer des poutres ou de souder sur les structures Eiffel. La société Layher, qui réalise les échafaudages sur la tour, a dû imaginer un système d’accrochage inédit pour suspendre les plateaux de chantier sous le 1er étage sans toucher à la structure de la tour.

Le levage des matériaux de chantier jusqu’à l’étage (grâce à un énorme monte-charge fabriqué sur mesure et utilisé seulement deux heures par jour avant l’arrivée des visiteurs) est tout aussi surveillé. « Nous pesons tout ce qui monte et ce qui descend. Il faudra qu’à l’issue du chantier la tour n’ait pas pris un kilo », conclut le chef de projet.

Le chantier, d’un coût total de 23 M€, initialement programmé jusqu’à la fin de l’année, devrait finalement s’achever à l’été 2014. (Article de Benoit Hasse – Le Parisien du 16/02/2013).

 

 

VISITES

4e arrondissement

10, quai d’Orléans et 2 au 4, rue Budé

PC-075-104-12-V-0023. — Pét. : M. Jean-François BENOIST D’ETIVEAUD, CHAMARAC S.A.S. — Arch. : M. Jean-Marc GASPARI, 2ter, av. Milton, 54000 NANCY.— Transformation d’un garage à rez-de-chaussée sur rue en extension du local d’habitation attenant, avec démolition du mur porteur séparatif et modification de la façade. Surface créée : 20 m2. S.T. : 178 m2. — Date d’enregistrement : 27-11-2012.

La parcelle est bordée au nord-ouest par la rue Budé et au sud-est par le quai d’Orléans. Les n°2 et 4 de la rue Budé, sur lesquels portent les travaux, forment un seul ensemble. Le n°2 est un immeuble R + 4 construit par Jules Savary en 1919. L’oriel figure à l’IMH. Le n°4 est une maison à loyer du XVIIe siècle. Le projet porte sur la transformation d’un garage en habitation au 4 rue Budé. La porte actuelle sera murée, prolongeant le mur existant. Une fenêtre identique à celle existante viendra s’insérer dans le mur. Les menuiseries bois seront peintes en blanc, avec vitrage clair, grille antieffraction métallique peinte en blanc ainsi que les volets bois. L’allège sera en pierre.

Cette demande de PC a obtenu un avis favorable de l’ABF. Dans ce secteur sauvegardé, la sobriété s’impose.

 

6e arrondissement

11, rue Christine et 35, rue Dauphine

DP-075-106-12-V-0399— Pét. : Mme Béatrice SIORAT, S.C.I. KERTES. — Ravalement des façades sur rues avec remplacement de l’ensemble des menuiseries extérieures, réfection de la couverture, suppression d’une souche de cheminée, fermeture d’une courette du 2e au 4e étage et démolition partielle du plancher des combles. Surface supprimée : 12 m2. Surface créée : 16 m2. — Date d’enregistrement : 11-12-2012.

Ce bâtiment du XVIIe siècle, construit en 1607, est protégé au titre du PLU. C’est une maison de 2 étages carrés sous des combles éclairés par de belles lucarnes maçonnées à fenêtres pendantes sur la rue Dauphine. Un bandeau continu sépare les deux étages. Son allure générale est caractéristique de la période : soubassement et chaîne d’angle en pierre de taille; baies abaissées au XVIIIème siècle et dotées de garde-corps en ferronnerie de style Louis XVI (d’après le rapport de la CVP, séance du 25/02/2013).

Avant de se prononcer sur la modification de la toiture de cette maison protégée au titre du PLU, la CVP souhaite avoir des détails sur l’exécution des travaux de charpente. Elle recommande la conservation des menuiseries extérieures datant du XVIIe siècle (second étage sur la rue Dauphine).

 

9e arrondissement

3, rue Clauzel

DP – 075 – 109 – 12 – V1423 - Pét. : hôtel Clauzel- Rénovation d’un hôtel de tourisme de 6 étages sur 1 niveau de sous-sol, sur rue, avec redistribution intérieure, démolitions partielles de planchers et murs porteurs, création d’1 escalier et d’1 ascenseur desservant tous les niveaux, ravalement de la façade avec remplacement des menuiseries extérieures, modification de la devanture, démolition partielle de la toiture pour intégration de la gaine d’ascenseur versant arrière et démolition des verrières et couverture au niveau de R+1 côtés n°1 et 5 pour création de 4 terrasses accessibles et d’1 verrière. Surface supprimée : 56 m2 - Surface créée : 17 m2 - Surface totale : 177 m2 - Date d’enregistrement : 21/11/2012.

Si les travaux sont bien prévus au 3 rue Clauzel, il ne peut être question de rénovation d’un hôtel de tourisme. Il s’agit de changement de destination parce qu’au 3, on trouve actuellement un immeuble d’habitation, inoccupé depuis plusieurs années. Le pétitionnaire, l’Hôtel Clauzel, est, lui, au 1 de la rue avec un retour rue des Martyrs. Par ailleurs, la DP n’est-elle pas un peu juste pour ces travaux importants d’agrandissement d’un hôtel par annexion de l’immeuble mitoyen ? Affaire à suivre.

 

10e arrondissement

18P1-24, rue Bouchardon et 31-33, rue du Château-d’Eau.

DP-075-110-12-V-0449 — Pét. : M. Rémy VIEILLE, VILLE DE PARIS - D.P.A. - DIRECTION DU PATRIMOINE ET DE L’ARCHITECTURE — Modification des façades à rez-de-chaussée sur rues du marché Saint-Martin. — Date d’enregistrement : 10-12-2012.

L’extrémité nord de la rue Bouchardon longe le marché du Château d’Eau, dit aussi « marché de la Porte-Saint-Martin », construit en 1854. C’était une construction en pierres de taille, avec une couverture en verre, ayant deux accès : l’un rue du Château d’Eau, l’autre sur la rue de la Pompe. Ce marché s’écroula subitement au cours de l’hiver de 1879, sans doute sous le poids de la neige. Il fut reconstruit aussitôt, mais en plus grand, avec dix entrées, la principale ouvrant sur la rue du Château-d’Eau. Sa charpente repose sur deux rangées de colonnes de fonte et sur les anciens murs latéraux surélevés de deux mètres ; des verrières l’éclairent (Hillairet).

Cette DP concerne la rénovation des façades du Marché Saint-Martin. Celles-ci seront habillées de sortes de persiennes fixes de bois destinées à donner une unité au marché. Citons les paroles de l’architecte : « Les éléments de signalétique ainsi que la peinture permettent d'identifier clairement le marché et ses entrées. Enfin, la lumière qui perce les ventelles au niveau des entrées renvoie l'image d'un lieu accueillant et agréable ».

Les clients de ce marché n'ont guère besoin de cette « signalétique ». On peut craindre que ces ornements de bois soient bientôt tristement noircis et à remplacer périodiquement. Cette intervention rénove néanmoins une façade hétéroclite et vieillotte.

 

11e arrondissement

4, passage Alexandrine

PC-075-111-12-V-0082 — Pét. : Mme Florence BLUSSON, S.C.I. WHATEVER.— Extension d’un local d’habitation par changement de destination d’un local artisanal et surélévation de deux niveaux avec création de baies en façade et d’une terrasse accessible, après démolition de la charpente. Surface créée : 90 m2. S.T. : 102 m2. — Date d’enregistrement : 26-11-2012.

Il s’agit d’un calme passage, pas très loin de la rue de Charonne. Cette maison est enclavée entre deux immeubles plus élevés. Aujourd’hui le RDC abrite un atelier (les éditions Blusson, du nom de la pétitionnaire) et un logement d’habitation.

Plusieurs types d’architectures cohabitent dans le passage, mais ils restent très sobres. La surélévation se fera sur la maison sur rue avec une structure légère sur deux niveaux. Elle respecte le gabarit des avoisinants et s’intègre ainsi de manière plus harmonieuse au site. Cette surélévation ne dérogera pas à la règle grâce à un toit avec brisis sur lequel s’ouvrent les fenêtres du second étage créé. Le troisième niveau est en retrait avec terrasse. Une surélévation sobre, très acceptable.

 

12, rue du Chemin Vert

PC-075-111-12-V1089 — Pét. : Mme Hortense DE ROUX. — Surélévation d’un étage d’un bâtiment de 2 étages avec changement de destination d’un local artisanal à rez-de-chaussée sur rue en vue de l’extension d’un logement, remplacement de certaines menuiseries, modification d’aspect extérieur, ravalement de la façade Est, démolition et reconstruction de plancher, et déplacement d’une trémie d’escalier. Surface démolie : 34 m2. Surface créée : 48 m2. S.T. : 127 m2. — Date d’enregistrement : 24-12-2012.

Une étonnante extension 100 % bois coiffe actuellement autant qu'elle décoiffe la partie droite d’une tranquille maison des années 1920. Mieux, elle offre à la fois des terrasses et une sensation d'espace très adaptée à la vie d'aujourd'hui. Un défi architectural doublé d'une vraie prouesse technique réalisée en 2006. A cette date, la propriétaire des lieux (une architecte d'intérieur) songe à faire construire une extension. C’est finalement son ancien professeur, Édouard Boucher, architecte ayant notamment travaillé pour Jean Nouvel qui en sera le concepteur. Il lui propose un projet écologique, sans le moindre déchet (chantier sec) : des panneaux en OSB doublés de fibre de bois et habillés de red cedar. Une extension montée en 12 heures !

Aujourd’hui, le projet concerne la partie à gauche du bâtiment, au deuxième étage. Il a pour but de créer un R+2 correctement éclairé (hauteur : 3m) avec, côté rue, une fenêtre plus grande pour éclairer le séjour. A cette fin, le second niveau actuel, sur la partie gauche, sera démoli pour reconstruire en béton ce second niveau de 3m de hauteur, isolé par l’intérieur. Une partie sera aménagée en comble pour accéder à la toiture terrasse. La façade sur rue sera ravalée dans sa totalité.

On ne peut que regretter ce nouveau bow-window moderne unique, peu décoratif, mais qui doit être tendance car on le voit actuellement dénaturer nombre de façades.

 

13e arrondissement

85, rue Barrault

PC-075-113-12-V-0045 - Pét. : M. Gérard THEVENON. — Arch. : M. Philippe GAYRAUD 4, rue d’Écosse, 75005 PARIS. — Surélévation de 2 étages d’un immeuble à usage d’habitation. — Date d’enregistrement : 24-12-2012.

Actuellement, en façade sur rue, un mur avec une porte cochère métallique. Derrière, un bâtiment RDC non visible de la rue, et deux constructions de plusieurs étages. A droite, deux maisons individuelles de même hauteur mais de styles différents. A gauche un immeuble de 10 étages de construction récente. En face un bâtiment scolaire avec ateliers. Le projet consiste à surélever le bâtiment actuel pour le transformer en un R+2 permettant de créer 4 logements en étage. Le RDC restera libre pour conserver la place de stationnement et le local-poubelles. Le mur actuel sera conservé et repeint, mais en y aménageant une entrée piétons et en remaniant l’entrée voitures (porte basculante). La construction sera au droit de la façade, en alignement avec les 2 maisons d’à coté. Elle sera en ossature bois avec bardage de façade en mélèze sans traitement, donc qui deviendra gris clair. La couverture à 2 pentes sera en acier gris anthracite.

On peut se demander si cette surélévation n’est pas en fait une démolition-reconstruction car on n’imagine pas un bâtiment en RDC immédiatement derrière cette grande porte métallique verte.

 

15e arrondissement

4, rue de l’Harmonie

PC-075-115-12-V-0064. - Pét. : M. Éric JUSTMAN, S.C.I. DE L’HARMONIE. — Arch. : CABINET CAPRINI & PELLERIN-ARCHITECTES, 2, rue Lafayette, 06400 CANNES. — Surélévation de 3 étages d’un bâtiment de 2 étages sur 1 niveau de sous-sol partiel avec création d’une terrasse et pose d’un panneau solaire en toiture (4 m2), démolition de la toiture et création d’une trémie d’escalier aux 1er et 2e étages. — Date d’enregistrement : 21-12-2012.

Sur la parcelle sont situées deux constructions récentes :

- un immeuble sur rue de 2 étages pleins de 3 travées avec porte d’entrée, immeuble sur lequel porteront les travaux ;

- un bâtiment d’un étage en fond de parcelle ;

- entre les deux, un édifice en RDC qui les relie.

Le projet devrait faire l’objet d’un évènement sur le thème de la surélévation dans le cadre de BATIMAT 2013 organisé par le Magazine « A vivre ». Il a pour objet de combler la dent creuse entre les immeubles de 4 étages au n°2 de la rue et de 5 étages au n° 6 par une surélévation de 3 étages. Cette surélévation permettra la création d’un grand appartement en triplex avec terrasse végétalisée et 4 capteurs solaires thermiques.

« La surélévation est clairement identifiée par rapport à l’immeuble existant. Une double peau en bois constituée de lames horizontales plus ou moins denses filtre les vues en fonction des usages des pièces et constitue également une protection solaire. Terrasses et jardins apportent une respiration » (dossier Morland).

Le bâti existant étant récent, mais classique avec bandeaux d’étage et non modifié par les travaux, la surélévation n’est pas particulièrement choquante, d’autant plus que les immeubles qui l’encadrent sont eux mêmes modernes. Seule réserve : le descriptif succinct du projet ne permet pas de se faire une idée précise des aménagements derrière le bardage en bois.

 

15 au 17, rue Léon Delhomme, 4X, rue Yvart.

PD-075-115-12-V-0006 — Pét. : M. Xavier ROUY, STESEGER. — Démolition d’un bâtiment d’habitation (1 logement) de 1 étage et combles sur 1 niveau de sous-sol partiel et d’un hangar sur rue. — Date d’enregistrement : 17-12-2012.

Cette maison individuelle d’angle d’un étage et son atelier attenant, édifiés par l’architecte Clément Fugueur en 1922, s’intègrent parfaitement dans le paysage urbain de cette rue Delhomme, tout en témoignant de leur vocation de l’époque. En effet, cette maison individuelle en brique, signalée au PLU, présente dans sa partie haute une fresque très bien conservée qui lui donne beaucoup de charme. Le projet a déjà dû être présenté antérieurement car la CVP s’est opposée à la démolition totale des deux bâtiments lors de sa séance plénière du 15 septembre 2011. Dans le présent dossier consulté à Morland, le maire de Paris, tenant compte de l’avis défavorable de l’ABF et du maire du 15e arrondissement, considère que « les travaux envisagés ont pour effet de porter atteinte à l’aspect de l’immeuble édifié par l’architecte Clément Feugueur en 1922, témoignage de l’époque par sa composition en brique et sa fresque en partie haute. Cette démolition est de nature à compromettre la protection et la mise en valeur du patrimoine bâti ». En conséquence, cette demande de permis de démolir est rejetée en date du 20/02/2013.

On ne peut que se réjouir d’une telle décision.

 

16e arrondissement

22, rue Berton, 43 au 45, rue Raynouard

PC-075-116-12-V-0071 — Pét. : M. LABRUNE Jean-Claude, FCB S.A.S. — Arch. : MM. GUIGNARD & ZAMANSKI, 11, av. Waldeck-Rousseau, 93260 LES LILAS. — Réhabilitation d’un ensemble de bâtiments d’habitation de R+1 à R+3 étages avec surélévation partielle de la maison basse, démolition de deux bâtiments de jonction en vue de la création d’un jardin d’hiver, restauration de l’ensemble des façades et des couvertures et réaménagement des espaces verts. Surface de plancher créée : 172 m2. Surface de plancher à démolir : 24 m2— Date d’enregistrement : 12-12-2012.

Un des endroits les plus pittoresques de Paris (voir photo ci-dessus). Du haut de la rue Raynouard on domine les toits de la maison de Balzac accrochée plus bas, à mi-pente. Sur la parcelle mitoyenne tout aussi escarpée, cinq petites maisons basses, invisibles depuis toujours, inhabitées depuis quelques années, semblent sortir d’un de ses romans. Cachées par les arbres du parc côté rue Raynouard et par un long mur côté rue Berton, elles ont défié le temps. Le musée Balzac a longtemps souhaité acquérir ces locaux, mais ils ont été vendus par la Ville de Paris à la Société FCB. On redoutait un immeuble à vue panoramique sur la Seine, heureusement c’est une réhabilitation qui est prévue et le projet se veut entièrement respectueux de l’existant. Ces maisons à l’abandon, avec leurs combles sous bâche et leurs ouvertures murées, ne subiront aucun changement. Toitures refaites en zinc, huisseries changées à l’identique, volets prévus pour les nombreuses fenêtres, garde-corps conservés, réaménagements intérieurs importants, ravalement et travaux jardins. Les deux grands escaliers restent intacts. Seuls deux petits bâtiments de liaison sans intérêt seront démolis pour un jardin d’hiver avec une verrière de mur à mur. Au niveau le plus bas, le moins gênant, la maison qui donne sur la rue Berton verra son 2° étage surélevé. La toiture sera rehaussée en conservant ses faibles pentes pour une extension sur la terrasse latérale dont la surface est inutilement grande. Cette toiture sera visible depuis le musée, mais sans trop de nuisance. Le faux fronton ajouté ultérieurement sera démoli et laissera place à un pignon simple, côté jardin. Ces petites maisons ont toutes de nombreuses caves. Sans doute celles qu’empruntait Balzac quand il fuyait ses créanciers.

Le projet paraît excellent pour la sauvegarde de ce coin d’histoire. Souhaitons un bon déroulement des travaux.

 

18e arrondissement

83B au 85, rue Philippe de Girard

PC-075-118-12-V1071 — Pét. : S.I.E.M.P. — Construction d’une résidence étudiante de R + 6 sur sous-sol (18 logements créés), et de 2 commerces à rez-de-chaussée. Surface créée : 1 612 m2. S.T. : 488 m2. — Date d’enregistrement : 30-11-2012.

Sans état d’âme, la SIEMP dépose un permis de construire en dépit d’un permis de démolition du bâtiment en place largement contesté et dénoncé dès 2003 par la CVP, les ABF, Paris historique, les riverains et enfin l’association de proximité Cavé Goutte d’Or soulignant le caractère « dommageable » de cette destruction. La Commission du Vieux Paris, réunie le 27 mai 2010 a maintenu son vœux émis le 3 mai 2010 demandant que soit conservée la Maison de Faubourg sise 83bis, rue Philippe de Girard, probablement construite dans la première moitié du XIXe siècle et située dans l'ancien village de la Chapelle, le long de l'ancienne voie romaine allant de Paris à Saint-Denis, jugeant qu’elle est parfaitement représentative des constructions rurales de cet axe majeur du nord de Paris, dont plusieurs autres exemples ont récemment disparu. Elle a par ailleurs demandé que soit engagée une démarche historique et opérationnelle permettant de mieux connaître et donc de mieux protéger le patrimoine bâti ancien des villages annexés (vœux CVP 28 mai 2010).

L’association Cavé Goutte d’Or a récemment entrepris une action en justice pour la sauvegarde de l’édifice. Elle se base pour cela sur un vice de consentement de la part du Conseil de Paris. En effet, le 11 décembre 2012, la délibération concernant le financement à hauteur de 3 millions d’euros par la ville de Paris du projet de la SIEMP devait être voté. Or, à cause « d’une confusion dans l’organisation du débat et l’intervention de conseillers municipaux en faveur de son rejet », cette délibération n’a pas été appelée au vote. Par conséquent, cette délibération n’a pas d’existence légale. Le 15 janvier 2013, l’association Cavé Goutte d’Or a donc déposé un recours gracieux en constatation de nullité de la délibération auprès du maire de Paris. La demande de démolition du 83bis pose le problème plus général, urbanistique et architectural, des maisons de faubourgs qui disparaissent inexorablement des quartiers périphériques. Une réflexion d'ensemble serait nécessaire pour éviter les aléas et les pièges du jugement au cas par cas (CVP). Nous retrouvons, dans ce projet de construction d’une résidence étudiante de 7 étages, la même volonté de « rupture » avec la maison voisine du 83 qui malgré son état déplorable, elle, a bénéficié en 2011 d’une reconstitution d’une qualité pour le moins contestable (choix de la mairie du 18e), elle aussi résidence étudiante apparemment peu habitée ! De plus le projet fait partie du secteur de réaménagement de la Zac Pajol en voie d’achèvement cette année.

 

44, rue Caulaincourt

PC-075-118-12-V1066 — Pét. : S.C.C.V. 44 CAULAINCOURT — Surélévation de 4 niveaux + combles d’un bâtiment de 2 étages sur rue et cour après démolition de la toiture avec changement partiel de destination de locaux commerciaux en habitation à rez-de-chaussée et 1er étage (9 logements créés), création d’un escalier et d’un ascenseur au rez-de-chaussée et pose de fenêtres de toit. Surface supprimée : 500 m2. Surface créée : 625 m2. S.T. : 427 m2. — Date d’enregistrement : 20-11-2012.

Cette surélévation du bâtiment dénature l’existant qui avait une architecture très originale, par son fronton et son oculus, et intéressante qu’il aurait fallu essayer de conserver ou de mettre en valeur. Mais encore une fois la promotion immobilière a prévalu pour laisser place à un bâtiment de 4 niveaux plus RDC qui propose certes la création de 9 logements supplémentaires et un nouvel alignement sur rue des hauteurs, mais sans aucun parti-pris architectural pourtant dans un quartier et une rue chargés d’histoire près de Montmartre. Il fait effectivement pâle figure près des bâtiments haussmanniens qui structurent et embellissent la rue en lui donnant une certaine noblesse et un cachet certain.

 

29, rue Gabrielle

DP-075-118-12-V1563 — Pét. : M. BOUCHERIE Franck. — Ravalement des façades avec remplacement des menuiseries extérieures et des garde-corps d’une maison de ville sur jardin avec reprise de la toiture, après démolition partielle de la charpente, création et remplacement d’un châssis de toit, réfection du pignon mitoyen côté no 31 et démolition de l’entrée du garage remplacé par une grille de clôture en prolongement de l’existante. — Date d’enregistrement : 27-11-2012.

Belle petite maison en plein cœur de Montmartre, proche de la place du Tertre et du Sacré-Cœur, de quoi faire le nécessaire pour la remettre en valeur. Un fronton coiffe la façade principale qui laisse apparaitre des fenêtres en vitaux et des anges sculptés dans le mur, ce qui laisse penser à une ancienne chapelle. Impossible d’obtenir de renseignements sur cette propriété pour l’instant.

 

2, rue Championnet, 135, rue des Poissonniers

PC-075-118-12-V1075 — Pét. : PARIS HABITAT — Construction d’un bâtiment à usage de résidence étudiante (33 logements créés) et de commerce (99 m2), de 6 étages sur 1 niveau de sous-sol, sur rues, avec implantation de 28 m2 de panneaux solaires thermiques en toiture-terrasse. Surface créée : 843 m2. S.T. : 211 m2. — Date d’enregistrement : 20-12-2012.

Au nom du logement social, encore un immeuble d’angle faubourien détruit (opération de Paris Habitat) au carrefour de 3 rues : Championnet, Poissonniers, Boinod. A noter l’avis favorable de la CVP, le considérant de moindre qualité patrimoniale. Le nouvel immeuble s’impose comme un « monolithe » d’aspect « carcéral » malgré des dires de l’architecte : « Un repère marquant l’articulation des différentes voies, avec la recherche d’une volumétrie douce et élégante rayonnant qualitativement sur le carrefour. Les façades habillées de brique blanche émaillée font un clin d’œil à la piscine des Amiraux toute proche. Le noyau de circulation verticale est positionné le long du mitoyen du 4 rue Championnet dans une résille métallique en inox, formant une césure avec le bâtiment voisin, etc. » (extrait du dossier Morland).

Difficile de croire à son intégration respectueuse dans son environnement immédiat de la rue Championnet et du carrefour en opposition à la belle réhabilitation de l’immeuble lui faisant face à l’angle de la rue des Poissonniers et de la rue Boinod. Un bon point cependant : la restitution des vitrines du commerce en RDC.

 

2, place Albert Kahn, 58 au 60, boulevard Ornano, 2 au 4, villa Championnet

PD-075-118-12-V1006— Pét. : PARIS HABITAT. — Démolition d’un bâtiment de 4 étages + combles sur 1 niveau de sous-sol, sur rues. — Date d’enregistrement : 20-12-2012.

Nouvelle destruction abusive d’un immeuble d’angle bien en vue sur la place Albert Kahn (ancienne voie de la commune Montmartre) au carrefour de 8 rues de part et d’autre du boulevard Ornano proche de la porte Clignancourt . Cet immeuble représentatif des faubourgs du milieu du XIXe siècle, en bon état, présente une façade avec de belles modénatures.

Quel sera le projet d’architecture pour ce site immanquable ? Quelle punition méritent les maisons de faubourgs pour être ainsi détruites ou dénaturées pour des constructions souvent médiocres sans rapport avec l’environnement existant ? Les logements sociaux sans doute !

 

19e arrondissement

33-35, rue de Nantes

PC-075-119-12-V-0058 — Pét. : M. Robert-Patrick DAGNEAUX, EPIC PARIS HABITAT OPH. —Arch. : CABINET ATELIER DU PONT, 89, rue de Reuilly, 75012 PARIS — Construction d’un bâtiment d’habitation de 6 étages (20 logements sociaux) avec installation de panneaux solaires thermiques (30 m2) après démolition d’un bâtiment d’artisanat d’un étage. Surface démolie : 474 m2. Surface créée : 1298 m2. — Date d’enregistrement : 20-12-2012.

Dossier 33-35 rue de Nantes, sélectionné par la CVP comme « démolition de l’ancien lavoir-séchoir Sainte-Eugénie ». Selon le dossier CVP, une vente de 1872 fait état à cette adresse d’une maison double élevée d’un étage et de « matériel de lavoir ». Une autre description de 1891 est plus détaillée et l’état présent de la maison correspond à cette description : le hangar actuel à charpente de bois présente des traces de réparation. Le séchoir quant à lui semble toujours en place. La démolition actuelle porte sur l’intégralité de la construction. Sur la parcelle réunie au n°33 déjà libéré, seraient construits 20 logements sociaux sur 6 étages. La façade sur rue serait revêtue d’un bardage ciment et la façade sur cour de tuiles émaillées.

Selon les photos du dossier, il s’agira d’une construction assez originale, plate sur le côté rue mais en degrés sur l’arrière.

 

1 au 3, quai de la Gironde et 2, rue de l’Argonne

PC-075-119-12-V-0056. — Pét. : M. Messaoud LARKECHE, IPL S.A.R.L. — Arch. : CABINET AIR ARCHITECTURES Olivier LECLERCQ, 6, rue Léon Jouhaux, 75010 PARIS. — Construction d’un bâtiment de 8 étages sur un niveau de sous-sol à usage d’habitation (foyer de 74 logements), de commerce et de salle de spectacles après démolition d’un bâtiment d’habitation (1 logement) de 1 étage sur rue. Surface démolie : 80 m2. Surface créée : 2003 m2. S.T. : 398 m2. Hauteur du projet : 25 m. — Date d’enregistrement : 17-12-2012.

Cette parcelle est située entre la piscine municipale du 1 rue Rouvet (en brique rouge) et un immeuble haussmannien de 6 étages. Les bâtiments actuels (un en meulière du début XXe siècle sur le quai, un hangar en piteux état allant jusqu’à la rue de l’Argonne) seront démolis.

Projet : un bâtiment de 8 étages qui dépassera d’un mètre le niveau haut du bâtiment de gauche sur le quai, et un bâtiment R+7 à l’intérieur, pour créer 61 studios de 16 à 19 m² et 13 deux pièces un peu plus grands, avec deux restaurants au RDC, l’un donnant rue de l’Argonne et l’autre sur le quai, le tout au dessus d’un sous-sol consacré à une salle de spectacle de 197 m². Les terrasses seront accessibles au public de manière saisonnière et occasionnelle.

L’architecte veut « donner une image jeune au quartier » On ne peut pas dire que ce nouveau bâtiment s’intégrera bien dans l’environnement. On peut aussi regretter la maison en meulière qui avait son charme et regretter une densification déjà bien engagée dans le quartier.

 

20e arrondissement

22B au 24, rue Belgrand.

PC-075-120-12-V-0077 — Pét. : Mme Patricia et M. Laurent DE WILDE. — Arch. : STE ARCIMBOLDO, 9, rue des Trois-Bornes, 75011 PARIS — Surélévation de 1 et 3 niveaux en extension d’une maison de R + 3 et R + 1 avec modification des baies en façade sur rue, création et bouchement de trémies d’escalier et d’ascenseur et démolition partielle de la charpente sur jardin. Surface créée : 135 m2. Surface à démolir : 18 m2. S.T. : 191 m2 — Date d’enregistrement : 19-11-2012.

Petit hôtel construit en 1904 par l’architecte Arsène Lejeune pour lui-même. Agrandi à gauche en 1906 par une construction en RDC surélevée d’un étage en 1936 pour les besoins de l’Agence d’Architecture. Sa façade en pierre de taille décorée dans un style Louis XVI épuré, possède un bow-window surmonté d’une lucarne maçonnée. Un escalier triangulaire est éclairé par des fenêtres en façade arrière, équipées de vitraux polychromes. Ces éléments ainsi que le décor intérieur sont dans un état proche de l’origine. Le projet propose de surélever l’extension de 3 niveaux et le rehaussement d’un niveau de la toiture principale par l’ajout d’un brisis au dessus du troisième niveau. La distribution de l’hôtel serait entièrement modifiée, entrainant la modification des percements côté cour, la disparition de l’escalier, des décors et de ses vitraux d’origine.

La CVP, lors de son examen de février, demande de reconsidérer le projet. Le rehaussement de 2 étages de l’extension et l’implantation d’un brisis sur la toiture principale, enlèveraient son caractère d’origine à cet hôtel particulier qui ne formerait plus qu’un seul bâtiment. Il faut également regretter dans ce projet la disparition de l’escalier, des décors, et des vitraux.

 

23, rue du Retrait

PC-075-120-12-V-0093— Pét. : M. Jean-Claude COLONNA, S.A. ANTIN RESIDENCES. — Arch. : CABINET ARCHITECTURES PHILEAS, 89, rue de Reuilly, 75012 PARIS. — Construction de 3 bâtiments (A -B-C) à usage d’habitation (129 logements créés) avec installation de panneaux solaires en toiture et réinstallation de l’antenne relais. Hauteur du projet : 17 m. Surface démolie : 2 486 m2. Surface créée : 2 486 m2. S.T. : 1 372 m2. — Date d’enregistrement : 21-12-2012.

L’origine du nom de la rue est l’altération du nom d’un ancien vignoble (Ratrait). Après la construction d’un couvent au XIXe, la parcelle est occupée par un foyer de travailleurs migrants. C’est une rue calme et peu commerçante.

Plusieurs études réalisées ont démontré l’impossibilité de réhabilitation totale ou partielle du foyer qui ne correspond plus aux normes en vigueur et présente un état de délabrement avancé. Long et étroit, le terrain est inséré dans un ensemble bâti hétéroclite de forme et d’époques différentes.

Le programme consiste en la construction de 111 logements T1, 18 logements T1’, avec locaux communs nécessaires au foyer. Il se compose de 3 bâtiments en dégradé suivant la déclinaison du terrain. Les attiques sont traités en volumes mansardés avec traitement monolithique et continuité de matériaux entre façades et toiture. L’habillage des façades en composite ciment verre autorise un détail de chéneau encastré et de descente EP masquées. Le parement de la façade est en ton pierre (gris beige) et les volets roulants et menuiseries sont en aluminium laqué gris beige. Les bâtiments sont séparés par des espaces végétalisés, ces espaces se prolongent verticalement sur les murs d’échiffre par des treilles permettant une végétalisation verticale.

Dommage de détruire ce bâtiment existant élégant et extérieurement en bon état (impossible d’accéder à l’intérieur). Un autre immeuble est en cours de démolition au n° 17. Avec ces destructions, on ne peut être d’accord avec l’architecte qui parle de la topographie en dénivellation contribuant à l’identité de faubourg ! Les façades sur rue et sur cour auraient pu avantageusement être sauvegardées pour conserver cet aspect faubourg.

 

16X rue de l’Ermitage, 1 Villa de l’Ermitage

PD-075-120-12-V-0011— Pét. : M. André-Marie BOURLON. — Démolition totale d’une maison de 2 étages sur un niveau de sous-sol. Surface démolie : 109 m2. — Date d’enregistrement : 14-12-2012.

PC-075-120-12-V-0086 — Pét. : M. André-Marie BOURLON. — Arch. : STE URBAN ACT, 33, rue de Montreuil, 75011 PARIS.— Construction d’une maison individuelle de 3 étages sur un niveau de sous-sol. Surface créée : 215 m2. S.T. : 76 m2. — Date d’enregistrement : 14-12-2012.

Un Kiosque dit de l’Ermitage se trouvait à proximité.

La villa de l’Ermitage est une voie piétonne largement plantée d’arbustes en bordure de propriété par la volonté des habitants qui souhaitent en faire un endroit protégé. Elle est bordée de maisons individuelles, de petits collectifs, les échelles s’y juxtaposent. La rue de l’Ermitage est une voie classique des faubourgs parisiens avec des constructions plus hautes et plus denses.

La parcelle d’angle, longue de 22m, est adossée à un pignon de 15m de haut. Le dossier Morland explique que le futur bâtiment sera décomposé en deux volumes permettant de conserver les vues et l’éclairement existant des façades voisines. Le découpage permettra de dégager de vastes terrasses qui seront plantées, complétant la végétation de la villa de l’Ermitage. La maison sera constituée d’un socle en briques, répondant à une protection contre l’humidité au niveau du sol et résistance aux chocs de couleur anthracite. Un bardage bois sera utilisé sur le second volume, dans une démarche bio-climatique globale. Les lames de bardage horizontales se prolongeront devant une partie des baies en tant que brise-soleil, l’essence choisie sera d’aspect naturel (mélèze ou red-cedar). Le bois sera traité avec une lasure pour ne pas griser. La règle UG11.2.1 permet à l’angle de 2 voies de dépasser les 2 niveaux de référence des hauteurs maximales, ce point de règlement sera utilisé à 15m.

La CVP de Février 2013 classe l’immeuble actuel comme « de moindre intérêt patrimonial ». Contrairement aux dires de l’Architecte qui prétend faire un lien entre la rue et la villa, la hauteur de l’immeuble projeté détruit l’ouverture de ce havre de verdure et l’espace parcellaire de la rue. La démolition déjà effectuée sur la parcelle d’en face est l’exemple flagrant de « Précédent ouvrant la voie à ce projet ».

 Le projet est à revoir absolument, un R+2 et une autre façade sont à demander.

 

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Published by Paris historique - dans Sauvegarde des quartiers
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commentaires

viala bernard 31/03/2013 20:46

passionnant mais pourquoi ne peut on imprimer vos pages? est ce volontaire? merci bv

Paris historique 31/03/2013 22:57



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