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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 13:53

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Dernières nouvelles

 

LE PASSAGE CHOISEUL VA RETROUVER LA LUMIERE

Il est le plus grand passage de Paris, avec ses 190 m de long. Il est sans doute aussi le plus sombre. Aujourd’hui, la verrière est en effet obstruée par un plancher mis en place pour les travaux. Le Conseil de Paris, en débloquant ses subventions, vient de donner le coup d’envoi de la rénovation de la verrière de ce passage ouvert en 1827 entre la rue Saint-Augustin – à proximité de l’Opéra – et la rue des Petits Champs – à quelques pas du Palais-Royal. Les commerçants du passage Choiseul n’attendent que cela pour retrouver l’éclat de la lumière. « En 2002, j’avais déjà passé mon diplôme d’architecte d’intérieur sur ce sujet. C’est dire que le dossier traîne » souligne Raphaël Bouchmousse le nouveau maître d’œuvre de l’opération. « Cela fait même vingt ans que l’on y travaille affirme pour sa part Jean-Claude Gaillard, bijoutier depuis 1968 dans ce même passage et président du conseil syndical. Ca a pris du temps mais maintenant nous avons vraiment un projet de qualité » se réjouit-il.

Ce passage a une histoire riche, notamment de son passé littéraire. « La maman de Louis-Ferdinand Céline était vendeuse d’objets d’antiquité. Verlaine et Baudelaire venaient ici chez leur éditeur Lemerre. Sa restauration pourrait lui redonner son lustre », raconte l’historien Patrice de Moncan(*).

 

Une rénovation à 740 000 €

Ces dernières années, pas moins de trois architectes se sont lancés sur le projet. Et c’est finalement ce jeune architecte Raphaël Bouchmousse, 32 ans, lui-même propriétaire dans le passage qui a réussi à présenter le dossier de rénovation – et son budget de 740 000 € - qui a obtenu l’unanimité des copropriétaires. « Les passages sont des voies privées. Il faut alors mettre les copropriétaires d’accord », souligne-t-il. Avec 80 arcades et autant de petits immeubles, l’affaire n’était pas simple.

Il est vrai, ces dernières années, l’affreux filet qui protégeait les passants d’éventuelles chutes de verre était le meilleur argument de cette rénovation, surtout pour ce lieu ponctué désormais de nombreux restaurants aux décors variés et accueillants. Alors que les travaux préparatoires ont imposé la création d’un plancher juste au-dessus de la verrière, c’est l’ensemble du passage qui se trouve privé de soleil. « Au moment de l’arrivée des beaux jours, cela ne fait pas notre affaire », se plaint Frédérique Zawa à l’entrée de son restaurant de pâtes. « Mais, après les travaux, tout va être tellement joli et tellement plus lumineux », se réjouit déjà Pascale, des Filles aux bas nylon. Les nouvelles vitres sécurisées qui seront installées n’auront plus leurs filets de métal. Et les structures de fer à la façon Eiffel retrouveront tout leur éclat.

Les travaux devaient commencer hier. Le retour de la lumière du jour est prévu pour la fin de l’année.

 

Après la verrière, bientôt le dallage et l’éclairage

L’ensemble des propriétaires a voté pour les travaux de rénovation de la verrière. Et depuis, le Conseil de Paris a débloqué des fonds (235 000€), ainsi que l’Etat (193 000 €). Une aubaine pour ce monument historique. « Nous venons de réaliser une charte architecturale du passage, souligne Raphaël Bouchmousse. Nous connaissons les couleurs d’origine des murs. Nous avons retrouvé aussi le dessin de l’ancien dallage (changé dans les années 1980 contre un affreux carrelage) et le modèle des lampadaires de l’époque. Une prochaine assemblée générale des copropriétaires, en décembre, pourrait décider de poursuivre les travaux. Dans l’idéal, même les façades des échoppes pourraient être revues et harmonisées. (Article de Eric Le Mitouard-Le Parisien du 22-05-2012).

 

EXTENSION DE ROLAND-GARROS : LES ASSOCIATIONS REMONTENT AU FILET

L’élite du tennis se retrouve demain sur la terre battue de Roland-Garros. Hors de l’enceinte sportive, les opposants au projet d’extension ont décidé de remonter au filet. Malgré les quelques concessions obtenues de la fédération française de tennis (FFT) au terme de la concertation publique qui a pris fin le 30 mars, ils ont élaboré un contre-projet, qu’ils présenteront plus en détail jeudi prochain, lors d’une réunion qui aura pour cadre la bibliothèque Marmottan à Boulogne-Billancourt (92).

« Nous avons demandé un vrai débat avec la Ville de Paris », rappelle Philippe Toussaint, le président de l‘association Vieilles Maisons françaises (VMF), qui soutient les groupes de riverains avec la Société pour la protection des paysages et l’esthétique de la France (Sppef). « Ne l’ayant pas obtenu, nous présentons sans elle nos contre-propositions. »

VMF et la Sppef préconisent d’accroître la surface du stade en couvrant une partie de l’autoroute A 13 tout en préservant les serres d’Auteuil. « Nous ne voyons pas l’intérêt de détruire des équipements construits il n’y a pas si longtemps, comme le court n° 1 et les serres techniques, explique Philippe Toussaint. La FFT va mettre à terre le court n°1 pour le rebâtir 300 m plus loin. » VMF et la Sppef estiment suffisant d’étendre Roland-Garros en coulant une dalle de 6 000 m² au-dessus de l’A 13. « Il faut creuser cette solution, assure Pierre-Christophe Baguet, le député-maire (UMP) de Boulogne-Billancourt. On n’a jamais pu obtenir de chiffres précis ni vraiment vu d’étude réelle jusqu’à présent. » Selon Philippe Toussaint, ce choix n’entraînerait pas de surcoût au budget de 273 M€ que compte investir la FFT». En se basant sur les travaux menés par la Ville au niveau des portes de Vanves et des Lilas, on calcule qu’il faudrait 30 M€ pour couvrir 6 000 m² sur l’A 13, expose-t-il. La FFT pourrait dégager des économies substantielles en ne touchant pas au court n° 1 ni aux serres techniques. L’équilibre peut-être atteint. » Une vision fantaisiste selon la FFT.

« Nous avons envisagé cette opération qui se chiffrerait au moins à 300 M€ supplémentaires. Nous finançons 90 % du programme qui s’élève déjà à 273 M€. » Reste à savoir si l’exécutif de la capitale et la FFT prêteront l’oreille à ces positions. « Nous ne remettons pas en cause le choix de la FFT de rester à Paris, mais pourquoi persister avec un projet aussi débile ? s’étonne Philippe Toussaint. On pourrait améliorer l’environnement du quartier, rendre possibles d’autres agrandissements futurs et éviter de nombreux contentieux en se tournant vers l’A 13. » La balle est dans le camp de la FFT et de la Ville de Paris. (Article de Jérôme Bernatas-Le Parisien du 26-05-2012).

 

SAINT-SERGE PLEURE SES PEINTURES DETRUITES

Une partie des œuvres murales de cette église orthodoxe, dans le XIXe, a été endommagée au lieu d’être restaurée.

Émoi au sein de la communauté orthodoxe russe de la capitale. Le motif : la dégradation d’une fresque que les spécialistes considèrent aujourd’hui comme l’œuvre maîtresse de l’artiste-architecte-décorateur Dmitri Semionovitch Stelletsky, dans l’église Saint-Serge. Petite bâtisse colorée au bout d’une allée bucolique du XIXe arrondissement, l’église orthodoxe russe Saint-Serge fit d’abord office de temple protestant avant d’être investie, au début des années 1920, par des immigrés russes à la recherche d’un lieu de culte. Entre 1925 et 1927, Dmitri Semionovitch Stelletsky va créer l’iconostase et superviser toutes les peintures murales des lieux. Sans oublier les objets et mobiliers de culte : porte-cierges, autels… L’ex-temple se dote à l’époque d’un porche et d’escaliers en bois peint. Comme les murs intérieurs, les parois externes de l’escalier vont être ornées par l’artiste de peintures représentant les saints pères de l’Eglise orthodoxe, mais aussi de prières, tracées en lettres slavonnes, et des voiles stylisés.

C’est là ou l’objet du scandale est arrivé. « Vendredi 25 mai, vers 14 heures, le doyen de l’institut de théologie orthodoxe installé sur le site a surpris, dans l’escalier de l’église, un ouvrier en train de casser les couches de peinture à coups de burin. Au point de mettre à nu le mur de briques ! », s’emporte Nicolas Tilhobrazoff, président du site Artcorusse, qui a publié en ligne un appel au secours dudit doyen, des enseignants et des étudiants. Sommé de s’expliquer sur les raisons d’un tel vandalisme sans consultation préalable », le bureau du conseil paroissial, responsable de l’entretien des lieux, a tenu à préciser (par un post daté du 28 mai sur le site orthodoxe.com), que la rénovation des fresques extérieures était validée depuis novembre 2011. Et que personne n’avait demandé de détails sur la nature des travaux prévus.

De l’avis des spécialistes consultés (le conseil ne précise pas lesquels) les peintures extérieures, abîmées par des infiltrations d’eau, étaient en très mauvais état et la partie basse était « sans intérêt esthétique ou historique, puisqu’il ne s’agit que d’une fresque imitant un voile ».Une explication qui fait bouillir Cyril Semenoff-Tian-Chansky, historien d’art, spécialiste de l’œuvre de Stelletsky, mais, curieusement, non consulté par le conseil paroissial. « Restaurer une œuvre consiste à préserver ce qui existe et non pas à le détruire. Aucun expert digne de ce nom n’aurait pu conseiller le remplacement intégral de ces peintures, appartenant à un ensemble unique conçu en 1925 par Stelletsky et absolument pas d’un intérêt secondaire. »

Et Nicolas Tikhobrazoff de rajouter « Comment refaire à l’identique si l’on détruit le modèle ? Restaurer une peinture, c’est repigmenter, pas casser. Il ne s’agit pas de mosaïque ! » Sur place, les marques de burin dans le mur se passent de commentaires. En plus des voiles, on déplore aussi la destruction totale de la figure de Saint maxime le Confesseur (un quasi sacrilège) et de la frise de prières. Certains fidèles suggèrent un classement d’urgence aux monuments historiques. Mais faut-il impliquer l’état laïc dans la préservation d’un lieu de culte ? C’est tout le problème du patrimoine russe à Paris. (Article d’Alexandra Michot-Le Figaro fin Mai 2012).

 

1er arrondissement

6W RUE BOULOI – 5 AU 7 RUE DU COLONEL DRIANT

PC-075-101-12-V-0009 — Date d’enregistrement : 17-02-2012.

Pét. : M. Philippa LE GAC, S.A. IMMOBILIERE 3 F. —Arch. : M. Bruno PANTZ, 16, rue du Général Brunet, 75019 PARIS.

Construction d’un bâtiment de 7 étages à usage d’habitation (15 logements sociaux créés) et de commerce à rez-de-chaussée avec pose de panneaux solaires en toiture (20 m2). S.H.O.N. créée : 1 056 m2. S.T. : 280 m2.

La parcelle concernée par le projet immobilier est actuellement de forme triangulaire : la plus grande largeur et la longueur se situent rue du Colonel Driant, la pointe du terrain arrivant au 6, rue Bouloi, face au square de la place du Lieutenant Karcher.

Le trottoir qui longe cette parcelle, rue du Colonel Driant, forme un triangle inversé (grande largeur de trottoir rue Bouloi) à celui du terrain objet du permis de construire.

Des bâtiments existants se situent en mitoyenneté de ladite parcelle.

Selon le dossier étudié à Morland, le futur bâtiment sera composé de trois éléments distincts :

Un soubassement, un corps de bâtiment et un attique en retrait.

Le soubassement sera implanté en continuité avec celui de l’immeuble haussmannien de la rue Bouloi d’une part, et assurera également la transition avec l’immeuble du 3, rue du Colonel Driant, d’autre part. Ce soubassement sera constitué de vitrines à rez-de-chaussée surmontées d’un entresol. L’accès à l’immeuble, traité à la manière d’une vitrine, ouvrira sur un hall largement dimensionné.

Le corps du bâtiment. Sa géométrie répond à deux objectifs :

-                     Ouvrir les courettes des immeubles voisins sur la rue du Colonel Driant. L’implantation en biais de la façade donnant sur la courette Est abolira la frontalité des façades en vis-à-vis, créant une fuyante vers la rue du Colonel Driant.

-                     Proposer des vues et des orientations optimales à l’Est sur la Bourse du Commerce, et à l’Ouest sur la rue Croix des Petits Champs.

L’attique. En retrait de l’alignement, il accueillera à R+6 un étage de logements, à R+7 la chaufferie et les locaux techniques qui seront surmontés de capteurs solaires horizontaux implantés légèrement au-dessus des héberges des murs voisins afin de bénéficier de l’orientation sud.

On peut souligner que l’architecte a essayé de tirer le meilleur parti d’une parcelle singulière pour y implanter le futur immeuble. Il nous semble, malgré tout, que l’immeuble à construire va empiéter sur le trottoir côté rue Bouloi, réduisant ainsi le caractère triangulaire de la parcelle initiale.

 

31 RUE DE LA FERRONNERIE

PC-075-101-12-V-0012 — Date d’enregistrement : 23-02-2012.

Pét. : M. Laurent ABITEBOUL, IZI STORE.

Modification de la devanture d’un magasin de prêt-à-porter pour hommes. Immeuble concerné par une inscription sur l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en date du 23-05-1984.

Selon le dossier étudié à Morland, la modification projetée de la devanture d’un magasin devra impérativement tenir compte du fait que l’immeuble, inscrit au titre des Monuments historiques, possède un mascaron en bois qu’il faut préserver.

Une vigilance particulière sera apportée au respect du mascaron en bois, de facture artistique historique. Cet ornement situé actuellement au-dessus du bandeau nominatif du commerce, jusqu’alors préservé, devra impérativement conserver sa visibilité et son aspect actuels.

 

2e arrondissement

1 AU 5 RUE GRETRY – 2 AU 8 RUE MENARS – 16 AU 18 RUE DE GRAMONT

PC-075-102-12-V-0008 — Date d’enregistrement : 27-02-2012.

Pét. : M. Dimitri BOULTE, SOCIETE FONCIERE LYONNAISE. — Arch. : Cabinet Philippe CHAMBARETTA, 10, rue Pecquay, 75004 PARIS.

Réhabilitation d’un ensemble de bâtiments de 4 à 7 étages + combles sur 3 niveaux de sous-sol à usage de bureau, de logement de gardien et de stationnement (99 places au lieu de 94 ),avec surélévation du comble côté rue Ménard, déplacement du logement du 1er étage au rez-de-chaussée, démolition et reconstruction de murs porteurs et de planchers à tous les niveaux, déplacement et création de liaisons verticales, modification de l’ensemble des façades, ravalement des façades inscrites, remplacement des menuiseries extérieures et pose de panneaux solaires (180 m2). S.H.O.N. démolie : 17 252 m2. S.H.O.N. créée : 16 457 m2. S.T. : 6 394 m2. Immeubles concernés par des inscriptions au titre des monuments historiques en date des 30-09-1977 et 11-08-1975.

L’évolution de cet îlot du quartier de la Bourse a suivi l’évolution, au long des XVIIIe et XIXe siècles, d’un secteur issu du démembrement de domaines aristocratiques. Les vastes emprises des hôtels particuliers aux abords des grands boulevards furent progressivement morcelées et densifiées au profit de l’installation de compagnies d’assurances puis d’institutions financières à proximité du Palais Brongniart. Parmi elles, le Crédit Lyonnais a aggloméré, dès le début du XXe siècle, un vaste ensemble de bureaux de part et d’autre de la rue de Gramont.

Trois anciens domaines aristocratiques ont précédé le parcellaire actuel : celui du marquis de Ménars, l’hôtel de Choiseul-Crozat et celui de Gramont.

En 1719, Libéral Bruant dresse le plan d’un lotissement de huit parcelles, en bordure de la rue de Richelieu et autour de l’impasse Ménars. Cet ensemble fut bâti à partir de l’angle de la rue de Richelieu et de la rue Ménars dans les années 1720, puis à mesure du prolongement de cette rue dont le percement est effectif en 1765.

Le duc de Choiseul-Crozat possédait le domaine voisin de cette opération, côté nord, compris entre la rue de Richelieu et le boulevard. Amené par la faillite à lotir son domaine par l’entremise du banquier Laborde, il mit en œuvre, à partir de 1780, le grand lotissement incluant la nouvelle salle de spectacle de la comédie italienne et les rues Marivaux, Favart et Grétry qui la desservent. L’architecte Louis-Denis Camus a édifié, sur un dessin ordonnancé, quarante-sept maisons de quatre étages avec boutiques. Celles du n° 1 à 5, rue Grétry sont incluses dans le site de l’actuel projet, adossées à une parcelle détachée du domaine de Gramont et construits dans les mêmes années 1780. Elles aboutissent à la parcelle du 8, rue Ménars.

Après les vicissitudes des périodes révolutionnaire et impériale, les propriétés situées à l’angle des rues de Richelieu et Ménars furent utilisées pour le négoce avant une compagnie d’assurance, -La Paternelle -, qui s’étendit sur l’hôtel du n° 4, rue Ménars qu’elle compléta et modernisa.

Le n° 6, fut loué au milieu du XIXe siècle à la compagnie des agents de change qui l’acquît en 1891.

 

1 AU 5 RUE GRETRY – 2 AU 8 RUE MENARS – 16 AU 18 RUE DE GRAMONT (suite)

Le n° 8 de la rue Ménars connut une occupation comparable : un immeuble de rapport remplaça les deux maisons initiales, puis l’ancien jardin fut progressivement construit alors que la propriété passait à la compagnie – La Confiance – en 1877.

Cette même compagnie, déjà propriétaire du 2, rue Favart, acheta à la Ville de Paris une partie du n° 1, rue Grétry.

De façon similaire le n° 16, rue de Gramont, légué en 1864 à l’Assistance publique, fut cédé à la compagnie d’assurances – la France – en 1914.

Entre les premières années du XXe siècle et la Seconde Guerre mondiale, le Crédit Lyonnais acheta neuf propriétés pour loger les services annexes de son siège du boulevard des Italiens. Ce fut le cas en 1908, du n° 6 de la rue Ménars. L’immeuble de la compagnie des agents de change fut remplacé par une construction industrielle de fer et de brique d’André-Félix Narjoux. Elle accueillait l’imprimerie de la banque, des réfectoires, des cuisines et, sur le toit, une terrasse pour le délassement des employées. Sa façade subsiste, inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1977. Au début des années 1920, le Crédit Lyonnais acheta les immeubles voisins, ainsi que l’angle avec la rue de Richelieu, puis s’étendit sur les immeubles 1 à 5, rue Grétry et le 18, rue de Gramont déjà modifiés pour un usage professionnel.

Au milieu du XXe siècle, la propriété du Crédit Lyonnais se composait ainsi d’un assemblage hétéroclite de bâtiments mal reliés entre eux, qu’on voulut faire communiquer tout en augmentant leurs surfaces. André Leconte succéda en 1944 à Narjoux comme architecte de la banque. Il remplaça, en 1952, les maisons à l’angle des rues de Richelieu et Ménars par un immeuble de bureaux conforme aux priorités des années de la reconstruction et dans la tradition de l’architecture de l’entre-deux guerres, doté d’une façade arrondie. Etendu sur le n° 83 en 1957, cet immeuble comprenait outre les bureaux, des locaux sociaux (crèche du personnel et jardin d’enfants). Il a été entièrement transformé en 1992 par l’architecte Michel Herbert (nouvelles façades et réorganisation des surfaces autour d’un patio intérieur).

L’immeuble à structure métallique de Narjoux fut quant à lui plusieurs fois modifié, à partir de 1955 pour en redistribuer les locaux, et ne présente plus que sa façade d’origine, elle-même plusieurs fois modifiée au rez-de-chaussée.

L’ensemble 1 à 5, rue Grétry et 16, rue de Gramont fut également très remanié dans le même esprit par la démolition en 1981 de « toutes les structures internes et aménagements intérieurs des bâtiments.

Le n° 8, rue Ménars, dont le bâtiment sur rue était le seul témoin du XVIIIe siècle, a été reconstruit, dans un style voisin de l’immeuble d’angle, par l’architecte Olivier Beaux en 1980.

L’ensemble n’a jamais obéi à une logique de composition unifiée. Un état de fait qui s’explique par l’utilisation différenciée pour chacune des constructions ; lourdement restructurées dans une logique ponctuelle et pragmatique.

Aujourd’hui, le pétitionnaire souhaite unifier cet ensemble hétérogène, en rationalisant les surfaces pour permettre l’accueil de plusieurs occupants distincts. A cet effet, une importante surface de planchers serait démolie côté cour et redistribuée autour d’un atrium vitré commun.

Cette nouvelle élévation, unifiée, entourerait la façade restaurée de Narjoux qui deviendrait l’accès principal du site par une nouvelle modification de ses ouvertures à rez-de-chaussée. Cette façade, inscrite parmi les Monuments historiques, serait surmontée d’un attique qui l’engloberait dans la nouvelle composition d’ensemble. (Mairie de Paris-Texte DHAAP du 11/05/2012 – Etude historique et foncière, REA, novembre 2010).

 

1 AU 5 RUE GRETRY – 2 AU 8 RUE MENARS – 16 AU 18 RUE DE GRAMONT (suite)

Dans sa séance du 11-05-2012, la Commission du Vieux Paris a examiné ce projet de restructuration d'un ensemble de bâtiments du quartier de la Bourse.

La Commission a regretté le projet d’uniformisation des façades des immeubles rues Ménars et Richelieu, visibles dans la perspective de la rue du 4 Septembre, riche en immeubles de bureaux du début du XXe siècle.

Concernant l’immeuble protégé du 6 rue Ménars, dû à l’architecte A-F. Narjoux, la Commission désapprouve le projet de surélévation de la façade par un attique moderne et le percement de nouvelles ouvertures au rez-de-chaussée. (Mairie de Paris-Résolution publiée dans le BMO du 8-06-2012).

Effectivement, on ne peut qu’être de l’avis de la Commission du Vieux Paris concernant la surélévation et les ouvertures en rez-de-chaussée qui vont défigurer la belle façade de cet immeuble de Narjoux au 6, rue Ménars. Il faut espérer que le pétitionnaire tiendra compte de ces observations et demandera la révision du projet à l’architecte.

 

3e arrondissement

7 RUE DU BOURG L’ABBE

PC-075-103-12-V-0008 — Date d’enregistrement : 11-04-2012.

Pét. : M. MAROIS Jean-Pierre, S.C.I. SOCIETE DES BAINS. - Arch. : M. BASTIE Vincent, 6, rue du Parc,

94160 SAINT-MANDE.

Réhabilitation d’un immeuble d’habitation, de commerce et de bureau avec changement de destination partiel en hébergement hôtelier, extension des planchers sur cour après démolition des édicules et suppression de 2 courettes, démolition du plancher du rez-de-chaussée haut, création de trémies d’ascenseur et aménagement d’un local technique dans les combles. Surface à démolir : 608 m2 Surface créée : 531 m2.

Les anciens Bains Guerbois : une brochure sur les passages couverts (paris.fr) indique « Avant de devenir la célèbre discothèque « Les Bains Douches », aujourd’hui fermée, ce lieu était occupé autrefois par les Bains Guerbois. Cet établissement de standing, construit en 1913 par l’architecte Eugène Ewald, proposait une gamme complète de soins. Une autre source (meilleursagents.com) situe sa construction en 1885.

En 2010, l’établissement est fermé pour « péril grave et imminent, représentant un vrai risque pour le public », selon la préfecture de police de Paris. L’immeuble, qui loge alors aussi des particuliers et abrite des entreprises, menace de s'effondrer. En cause : des travaux lourds entrepris par les dirigeants des Bains. Des murs porteurs ont été abattus, sans dépôt de permis de construire, sans autorisation du propriétaire et sans déclaration à la préfecture de police de Paris, et des fissures sont apparues sur la façade du bâtiment, nécessitant la pose en urgence d'étais et de madriers. (Le Parisien, articles publiés entre le 1er et le 4/06/2010).

Selon une information reçue par notre rapporteur, l’architecte Vincent Bastie est très réputé en matière de rénovation et de décoration d’hôtels. On peut donc espérer que les travaux de réhabilitation de l’immeuble se feront dans les règles de l’art.

 

7e arrondissement

10 AU 12 RUE BOSQUET

PC-075-107-12-V-0007 — Date d’enregistrement : 16-02-2012.

Pét. : M. François COUETOUX DU TERTRE, OGEC DE L’INSTITUT DE L’ALMA. — Arch. : Cabinet BLAISE-PERRIN, 3, place du Général de Gaulle, 50400 GRANVILLE.

Surélévation de 2 niveaux d’un bâtiment de 3 étages sur 1 niveau de sous-sol à usage d’habitation et d’enseignement primaire et secondaire en vue de l’extension du bâtiment scolaire, avec permutation de surfaces d’habitation et d’enseignement et démolition de planchers à tous les niveaux pour création et élargissement des trémies d’escaliers et d’ascenseur. S.H.O.N. démolie : 47 m2. S.H.O.N. créée : 721 m2. S.T. : 1 319 m2.

Madame Segond fait construire l’immeuble en 1900 pour son usage personnel et sans doute celui de sa famille. Derrière une façade néoclassique à trois niveaux s’organisent trois appartements luxueux mais imbriqués : au dessus d’un sous-sol de service, le rez-de-chaussée est occupé par la commanditaire qui partage les pièces d’apparat de l’étage noble avec une famille logée au dessus. Le doublement de la salle à manger et l’abondance de locaux annexes montre une distribution du plan – sur mesure – bien qu’encore conforme à la conception bourgeoise de l’hôtel particulier.

La toiture présentait à l’origine un comble brisé derrière une balustrade.

L’établissement d’enseignement qui occupe l’immeuble souhaitait s’agrandir pour augmenter le nombre des salles de classe. Une surélévation d’un niveau avait donc été demandée, sous forme d’un attique au lieu du comble, surmonté d’un dernier niveau ouvert sur l’avenue par un vitrage filant en retrait derrière une nouvelle balustrade. (Mairie de Paris-Extrait texte DHAAP du 21-10-2010).

Un premier PC avait donc été déposé en septembre 2010 (voir CR n° 226 Sauv’Dernière de Novembre 2010).

Dans sa séance du 21-10-2010, la Commission du Vieux Paris avait examiné le projet de surélévation et avait recommandé, dans la mesure où le registre classique a été retenu, que le dessin de la balustrade restituée soit conforme aux critères de ce style. (Mairie de Paris-BMO du 23-11-2010).

Le pétitionnaire a déposé un nouveau projet. Selon le dossier consulté à Morland, on constate que la nouvelle surélévation n’est guère mieux que dans le précédent projet. Elle dénature ce bel immeuble, sans respect des immeubles environnants. A priori, la Commission du Vieux Paris n’a pas réexaminé le nouveau projet.

 

9e arrondissement

50 RUE DE CLICHY

PC-075-109-12-V-0008 — Date d’enregistrement : 28-02-2012.

Pét. : M. François DE LAS CASES, SEFRI CIME ACTIVETS ET SERVICES S.A.S. — Arch. : Cabinet ARCHITECTONIA HUGUES JIROU, 22, rue Salomon de Rothschild, 92150 SURESNES.

Construction de 3 bâtiments de 6 à 7 étages sur 2 niveaux de sous-sol à usage d’habitation (84 logements), de commerce et de stationnement (73 places - 2582 m2) après démolition totale de l’ensemble des constructions. S.H.O.N. démolie : 3 294 m2. S.H.O.N. créée : 6 104 m2. S.T. : 1 696 m2.

Ancien chemin qui se divisait en deux branches au niveau de La Fourche, l’une menant au hameau de Clichy, l’autre au hameau de Saint-Ouen. Aux n° 54 et 56 se trouvait la prison de Clichy dite « prison pour dette ». Elle succéda à la prison Sainte-Pélagie en 1826. La prison de Clichy fut supprimée en 1867. A son emplacement, on y construisit des immeubles. Son entrée principale se situait au n° 68. (J. Hillairet).

Selon le dossier consulté à Morland : L’origine de la propriété remonterait à la fin du XVIIe siècle (terrain appartenant à Charles François Gaillars de la Bouexière, fermier général du roi, qui y fit construire un château détruit en 1840). A sa mort, le terrain fut découpé en plusieurs parcelles, vendues et revendues ; en 1791, le terrain du « 50 » (843 m²) prit sa forme et sa surface définitive.

En 1801, il fut finalement adjugé à Léonor Toutin, huissier parisien. Il comportait 2 petits corps de logis. Ensuite se succédèrent différentes institutions religieuses.

Cet ensemble immobilier, occupé depuis 1862 par l’institution Saint-Louis, s’est progressivement constitué au cours du XIXe siècle :

- Fin XVIIIe siècle : construction en façade sur la rue, de 2 petits pavillons de part et d’autre d’une porte cochère, réunis dans les années 1810 pour former un premier corps de bâtiment, surélevé dans les années 1840 de 2 étages carrés supplémentaires et comptant, en partie sur caves, en partie sur terre-plein, un rez-de-chaussée, 3 étages carrés et un étage de combles, amputé en 1891 de 2 travées lors de la reconstruction de l’aile gauche .

- En 1880, édification en aile droite de la cour, au fond de la parcelle, d’un second corps de bâtiment simple en profondeur, constitué sur terre-plein d’un rez-de-chaussée et de 3 étages carrés.

- En 1889, sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte Clément-Louis Lacau, érection en aile à gauche et sur une partie du corps du bâtiment sur rue d’un 3e corps de bâtiment dit « la Maison Blanche » composé aussi sur terre-plein d’un rez-de-chaussée et de 3 étages carrés.

 

50 RUE DE CLICHY (suite)

- En 1891, par le même architecte, reconstruction d’une partie de l’aile droite, embellie alors sur la cour et au rez-de-chaussée d’une galerie de

cloître, pour l’installation d’une chapelle de style néo-byzantin au premier étage, remaniée dans les années 60.

- En 1965-1967, érection d’un 4e et dernier corps de bâtiment en béton, dans la suite et le prolongement de l’aile gauche de la cour, allant jusqu’au fond de la parcelle et contenant, sur terre-plein, un rez-de-chaussée et un 1er étage carré couvert en terrasse.

A l’heure actuelle, le coût de la mise aux normes a conduit les religieuses à vendre les bâtiments. Le nouveau propriétaire projette de démolir l’ensemble afin de rentabiliser la parcelle qui est profonde.

Tout ceci constitue donc un ensemble assez hétérogène de 7 bâtiments construits autour d’une cour centrale, très remanié au cours des siècles en fonction des besoins de l’Institution. La composition architecturale s’inspire du registre des immeubles de la rue de Clichy.

Le bâtiment A, implanté à l’alignement sur rue, sera destiné à 19 logements locatifs sociaux ; les bâtiments B et C à 65 logements en accession à la propriété.

Si on peut, certes, regretter la disparition d’un ensemble « historique », ainsi qu’un collège et lycée réputés, il faut se réjouir de la constitution de cet ensemble de 84 logements, qui ne devrait pas ‘détonner’ dans l’environnement de cette rue.

 

11e arrondissement

107 BOULEVARD RICHARD LENOIR

PC-075-111-12-V-0015 — Date d’enregistrement : 28-02-2012.

Pét. : M. Pierre DUMONT, S.C.I. DU 107, BD RICHARD LENOIR. — Arch. : Cabinet ARCHICREA, 9, quai Jacques Prévert, 77100 MEAUX.

Réhabilitation d’un bâtiment de 1 à 2 étages + combles sur 1 niveau de sous-sol à usage de commerce et de bureau avec changement partiel de destination en habitation (5 logements créés) et surélévation du comble du bâtiment côté rue, ravalement de l’ensemble des façades, remplacement des menuiseries extérieures, réfection de l’étanchéité de la toiture-terrasse et démolition de la toiture et de plancher au 1er étage pour la création d’une verrière. S.H.O.N. démolie : 183 m2. S.H.O.N. créée : 157 m2. S.T. : 360 m2.

Bel immeuble de deux étages + comble à l’architecture classique mais formant dent creuse entre deux immeubles plus élevés. On peut espérer que le rehaussement du comble ne viendra pas défigurer la façade de l’immeuble. Il est prévu le ravalement des façades ainsi que le remplacement des menuiseries extérieures et quelques travaux intérieurs. Peut-on espérer que la corniche à modillons sera préservée ?

 

163 RUE AMELOT

(PC-075-111-12-V-0010 — Date d’enregistrement : 17-02-2012.

Pét. : M. Abel SBAA, S.C.I. BALMI. — Arch. : M. Frédéric LEFEVRE, 9, rue des Batignolles, 75017 PARIS.

Changement de destination d’un local commercial en habitation au niveau cour anglaise, création de 4 lucarnes en toiture sur rue, redistribution des locaux d’habitation à tous les niveaux, remplacement des menuiseries extérieures et modification d’une fenêtre au 2e étage sur cour et de la devanture à rez-de-chaussée sur rue. S.H.O.N. créée : 5 m2.

Petit immeuble R+2, situé à l’angle du boulevard Voltaire et de la rue Amelot. Il forme une dent creuse entre deux immeubles haussmanniens de R+6.

Il est quasi miraculeux que l’immeuble ne fasse pas l’objet d’un permis de démolir, car son état est si dégradé qu’il a fait l’objet d’un arrêté de péril et a été vidé de tous ses occupants.

Actuellement l’Immeuble est sous bâche, donc invisible. D’après le dossier consulté à Morland, l’immeuble est constitué d’un RDC à vocation commerciale (restauration), surmonté d’un niveau et de combles habitables. Les façades sont enduites au « plâtre parisien », les terrassons entièrement en zinc et le brisis sur rue en ardoise. Le sous-sol est éclairé à partir de la cour, en contrebas ; l’accès aux logements se fait à partir d’une cour anglaise en façade sur rue, par une porte située sous un abri, sous le domaine public aujourd’hui occupé par la terrasse couverte du restaurant.

Suite à des travaux de ravalement autorisés par DP-0756111-10- V-0656 du 19 avril 2011 et des rénovations de logement entrepris au mois d’octobre 2011, certains planchers ont été découverts en très mauvais état et déposés partiellement pour être restaurés. Le chantier a été stoppé le 7 novembre 2011, par l’inspection du travail, pour des raisons de sécurité.

Le souhait de l’exploitant est de reconstituer les éléments de planchers et de refends en structure bois, de créer 4 lucarnes dans le brisis (au lieu de 2) pour harmoniser la façade avec celle de l’immeuble voisin, d’améliorer le restaurant dans le respect des conditions réglementaires d’exploitation de ce type d’établissement (aménagement d’une sortie de secours, accès), et de rénover l’ensemble afin de permettre la réalisation de 5 logement à usage locatif (remise en état de l’escalier public en granit séparant le trottoir de la terrasse du restaurant, création d’un hall d’entrée séparé, au niveau -1, et d’un escalier principal dans la cage d’escalier existante depuis ce hall pour avoir un accès à ces logements à l’intérieur du bâtiment, ravalement, …).

Cette demande affiche une volonté de respecter le bâti existant et l’environnement (volume de l’immeuble mitoyen) tout en rendant plus réglementaire l’accès aux logements créés. Ce ne peut être que bénéfique.

 

11 AU 13 BOULEVARD JULES FERRY

PC-075-111-12-V-0021 — Date d’enregistrement : 28-03-2012.

Pét. : M. Philippe DE LA SERVE, S.N.C. 11 ET 13, BD Jules Ferry. — Arch. : INTERNATIONAL D’ARCHITECTURE, 34, quai de la Loire, 75019 PARIS. Construction d’un bâtiment de 6 étages sur 2 niveaux de sous-sol à usage d’habitation (35 logements créés dont 9 logements sociaux), de commerce et de stationnement (23 places créées) avec surélévation de 3 niveaux du bâtiment de 2 étages + combles au 13, boulevard Jules Ferry après démolition des combles et des autres bâtiments de la parcelle. Surface à démolir : 1 667 m2. Surface créée : 2 602 m2. S.T. : 1 100 m2.

A gauche, le n° 11 est construit vers 1873-1876 ; les vues du début du XXe siècle montrent une façade sur le quai plus riche qu’aujourd’hui, avec pilastres, bandeaux et modénatures. Il se compose d’un petit immeuble d’habitation en plâtre sur le quai, et d’ateliers de charronnage et de sellerie à l’arrière (partiellement conservés). Par leurs proportions modestes, ces deux bâtiments s’intégraient à une courte séquence du quai de Valmy, du côté de l’avenue de la République, composée d’édifices bas. Ils se distinguent encore aujourd’hui dans le paysage du quai, majoritairement bâti d’immeubles de rapport, notamment à côté de la tour de 12 étages élevée au n° 15 en 1966, et témoignent du passé industriel du canal.

Aujourd’hui, les ateliers ont été profondément remaniés et leurs façades modifiées, à l’instar de celle du n° 11 qui a perdu ses modénatures. Le bâtiment de Pigault a globalement conservé ses dispositions d’origine et ses décors, modestes, dans les étages.

L’avis de la commission est demandé sur la possibilité de démolir le n° 11 et l’ensemble des ateliers, et de surélever de trois niveaux l’immeuble du n° 13. (Maire de Paris-Texte DHAAP du 03-02-2012).

Dans sa séance du 03-02-2012, la Commission du Vieux Paris a examiné le projet de démolition et surélévation de bâtiments XIXe siècle, et a émis le vœu que face à l’hétérogénéité architecturale du boulevard Jules Ferry, elle ne s’oppose pas à la démolition du bâtiment situé au n° 11, boulevard Jules Ferry, mais exprime des réserves quant à la surélévation de l’immeuble situé au n° 13. C’est pourquoi elle demande que la séquence des façades des deux bâtiments soit étudiée de manière approfondie, dans le respect du paysage urbain existant. (Maire de Paris-BMO du 09-03-2012).

Dans sa séance du 15-06-2012, la Commission du Vieux Paris a examiné le permis de construire qui a été déposé. Le choix du style de la surélévation a été arrêté avec l’Architecte des Bâtiments de France, entre respect de la construction de 1868 (conservation de la trame et du principe des tables de pierre en trumeau) et détails contemporains (allèges en tôle grise…). Pour répondre à la demande de la Commission du Vieux Paris, les élévations futures seront présentées avec le relevé des immeubles voisins. (Mairie de Paris-Extraits texte DHAAP du 15-06-2012). Elle a donc levé le vœu au cours de sa séance (Mairie de Paris-BMO non encore publié).

 

11 AU 13 BOULEVARD JULES FERRY (suite)

Le dossier consulté à Morland insiste essentiellement sur le respect des normes anti-incendie dans ces constructions et sur les aspects visibles du boulevard. En revanche, pas de descriptif sur ce qui va se faire en milieu et fond de parcelle où apparemment tous les bâtiments existants vont être détruits et ce n’est pas dit. Les plans du projet ne sont pas suffisants.

Ce projet permettra la création de 35 logements neufs dont 9 logements sociaux, et d’un commerce à RDC.

En conclusion, pour ce qui concerne les façades sur rue, on retrouve la surélévation, qui devient habituelle, mais rien de particulièrement choquant.

 

11 RUE GERBIER

PC-075-111-12-V-0035 — Date d’enregistrement : 02-04-2012.

Pét. : Mme Christine ASPERTI-BOURSIN. — Arch. : DDS ARCHITECTS, 10, rue Basfroi, 75011 PARIS.

Construction d’un bâtiment de 6 étages sur un niveau de sous-sol à usage d’habitation (4 logements créés) et de commerce après démolition d’un bâtiment de deux étages sur un niveau de sous-sol à usage d’habitation et de commerce. Surface à démolir : 357 m2. Surface créée : 394 m2. S.T. : 139 m2.

Cet immeuble étroit de 2 étages et 2 travées représente une exception dans cette rue aux immeubles de 6-7 étages de qualité, le plus souvent en brique ou meulière et brique.

La démolition totale de ce petit immeuble à refends est très surprenante car il est en parfait état et semble avoir été fraichement ravalé.

Le projet examiné à Morland prévoit bien entendu la construction d’un immeuble R+5+duplex sur un niveau de sous-sol, à usage de commerce (au RDC) et d’habitations (4 logements de 2 pièces). Le bâti est moderne, avec de grandes baies, l’originalité réside en la pose de garde-corps en verre feuilleté derrière un garde-corps en acier corten. Un petit espace vert est prévu sur l’arrière du bâtiment.

On aurait préféré une façade sur rue en brique décorative qui se serait beaucoup mieux intégrée aux façades environnantes.

 

12e arrondissement

4 AU 4A AVENUE DE SAINT-MANDE – 33 au 33BA RUE DE PICPUS

PC-075-112-11-P-0042 — Date d’enregistrement : 10-08-2011.

Pét. : M. Jean-Yves MARTIN, MINISTERE DE L’AGRICULTURE MAAPRAT. — Arch. : Cabinet DE PORTZAMPARC, 1, rue de l’Aude, 75014 PARIS.

Construction d’un ensemble de bâtiments de 2 à 6 étages sur 2 niveaux de sous-sol à usage de bureau avec pose de panneaux photovoltaïques (950 m2), végétalisation des toitures et création d’un parc de stationnement (176 places - 5 393 m2) après démolition totale des bâtiments existants. S.H.O.N. démolie : 10 545 m2. S.H.O.N. créée : 34 546 m2. S.T. : 11 357 m2.

Nous avons déjà présenté ce permis dans le CR n° 236 ‘Sauv’Dernière’ d’Octobre 2011, mais le dossier à Morland n’était pas accessible car en instruction à la préfecture de Paris puisque c’était un permis d’Etat. Celui-ci ayant été validé par le Préfet de Paris, le dossier a pu être consulté.

Le site proche de la place de la Nation, est situé entre l’avenue de Saint-Mandé et la rue de Picpus. Il est actuellement composé de 7 bâtiments occupés par l’Institut Technologique FCA (Forêt, Cellulose, Bois-construction-Ameublement).

A cet emplacement, le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire (MAAPRAT), souhaite installer un pôle immobilier voué au regroupement de plusieurs de ses services centraux. Afin d’installer ce nouveau Pôle, le MAAPRAT a pris la décision de démolir 8 bâtiments parmi les 9 bâtiments existants sur le site :

- Les bâtiments A et B situés en front de l’avenue de Saint-Mandé, entre un immeuble récent de logements et la tour de l’Office National des Forêts, à l’angle de la rue de Picpus et de l’avenue de Saint-Mandé.

- Le bâtiment D situé parallèlement au mur mitoyen qui fait la séparation du site du FCBA et du site du Couvent.

- Le bâtiment E situé en front de la rue de Picpus, entre le bâtiment M conservé et le Couvent de la Congrégation des Sacrés-Cœurs.

- Les bâtiments H, K et N situés au cœur du site.

Le bâtiment M, situé en front de la rue de Picpus, sera, quant à lui, conservé et restauré, en raison de ses qualités architecturales. Ses locaux seront intégrés au projet du nouveau pôle.

4 arbres de haute tige sont actuellement plantés, mais leur état phytosanitaire ne permet pas leur transplantation et 15 nouveaux arbres seront plantés au cœur du nouveau projet.

 

4 AU 4A AVENUE DE SAINT-MANDE – 33 au 33BA RUE DE PICPUS (suite)

La fragmentation du bâti permet une meilleure intégration du bâtiment M. Il n’est pas considéré comme une contrainte préexistante sur le site, mais bien comme une entité qui compose l’ensemble général. Sa façade, protégée au PLU, est restaurée ; l’intérieur restructuré abritera essentiellement les locaux communs. Le bâtiment qui fait face au bâtiment M est construit par une volumétrie en gradins ; la hauteur de la façade en premier plan (à 16,40B m) est calculée sur celle de l’ancien séminaire (14,70 m) permettant des rapports d’échelle plus évidents ; au-dessus, les niveaux sont étagés.

Au sud du terrain est située la chapelle de l’ancien couvent des chanoinesses, avec son jardin, ancien cimetière de Picpus. L’ensemble de cette parcelle (située au 35 rue de Picpus) est inscrit au Titre des monuments Historiques avec les pavillons qui la cernent.

Le projet a pris en compte, avec soin, les vues que l’on pourra avoir depuis ce jardin sur les bâtiments projetés, le souhait de l’Architecte des Bâtiments de France étant que l’impact visuel au-dessus du mur de clôture mitoyen soit le plus réduit possible. Les bâtiments, situés de l’autre côté du mur mitoyen, ont donc été reculés au maximum, et traités par un effet d’espaliers qui permet d’en diminuer la perception visuelle depuis le jardin du couvent.

Certes, le bâtiment M, ancien séminaire, est sauvé de la destruction mais que dire de l’architecture des bâtiments projetés, résolument contemporaine. Il va se trouver bien seul parmi ces bâtiments. Le projet propose également de diminuer l’impact visuel des futurs bâtiments par rapport au mur de clôture de l’ancien cimetière de Picpus, lieu émouvant chargé d’histoire, mais on les apercevra quand même ! On ne peut qu’avoir un avis très partagé sur ce projet.

 

14e arrondissement

75 RUE DES PLANTES

PC-075-114-12-V-0018 — Date d’enregistrement : 30-03-2012.

Pét. : M. ESMERIAN Eric. — Arch. : Cabinet HARDEL ET LE BIHAN, 11, Cité de l’Ameublement, 75011 PARIS.

Surélévation de 2 niveaux d’un bâtiment de 3 étages sur rue et cour en vue de l’extension d’un local d’habitation, après démolition de la toiture. Surface créée : 117 m2.

Immeuble sans doute du début des années 1900, actuellement vidé mais dans un état tout à fait correct. La consultation du dossier à Morland révèle le projet de surélévation !! On ne peut pas faire mieux pour dénaturer la façade d’un hôtel particulier.

Le parti architectural et urbain du projet proposé par l’architecte prévoit la démolition de la façade et sa toiture au dernier niveau (R+3), côté rue. La composition de l’édifice tente de répondre à la fois à la volonté de s’inscrire dans le paysage urbain dense de la ville haussmannienne, tout en respectant l’aspect traditionnel de la maison de ville à l’image des hôtels particuliers. La surélévation vient s’accrocher sur le dernier niveau du bâtiment existant. Le système de retraits successifs et de décalage vient créer plusieurs terrasses accessibles, une réponse au gabarit dicté par les règles d’urbanisme. Les architectes ont pris le parti d’avoir une écriture résolument contemporaine avec le bâtiment existant en dialoguant avec lui ! La volumétrie du projet s’exprime par une forme simple et épurée.

L’exposé de ce parti architectural est un ‘chef d’œuvre’ de justification ! Il est scandaleux de proposer un tel projet de surélévation. (Voir photo ci-dessus).

 

19 RUE DU PARC DE MONTSOURIS

PC-075-114-12-V-0020 — Date d’enregistrement : 06-04-2012.

Pét. : M. Didier GRANGER. — Arch. : M. Jean- Louis MORALES, 9, rue de Valenciennes, 75010 PARIS.

Restructuration, extension et surélévation d’un niveau, après démolition partielle de la toiture, d’une maison de ville de 1 étage, sur rue et jardin, construction d’un niveau de sous-sol, démolition de planchers pour création d’un escalier et d’un ascenseur, construction d’une véranda sur la terrasse du 1er étage côté rue et implantation d’un garage à rez-de-chaussée, pose de 20 m2 de panneaux solaires photovoltaïques en toiture-terrasse végétalisée, démolition de parties de bâtiment en R + 1 pour agrandissement du jardin, ravalement de l’ensemble des façades avec pose d’une isolation thermique par l’extérieur et modification des baies. Surface à démolir : 75 m2. Surface créée : 157 m2. S.T. : 162 m2.

Selon le dossier étudié à Morland, la restructuration projetée sur la maison de ville se décomposera de la façon suivante :

- Sur la façade sur rue : élargissement de la porte principale pour créer une porte de garage. Démolition de l’allège de la fenêtre de droite pour créer la porte principale. Une véranda sera créée au-dessus de la terrasse actuelle du 1er étage, avec châssis en acier laqué satiné, de couleur gris anthracite.

- Démolition partielle de la toiture du bâtiment, située en 2e ligne de façade, afin de permettre la construction du nouveau 2e étage.

- La façade existante sur la rue sera préservée et ravalée.

- Une partie de la toiture en tuiles existantes donnant sur la rue sera préservée.

- Un ascenseur sera installé à l’intérieur, intégré dans la structure métallique porteuse de l’escalier créé.

- Un système photovoltaïque rigide sera installé sur une partie de la toiture terrasse.

Bien évidemment, une restauration est nécessaire pour cette maison, mais on peut regretter le choix des menuiseries en couleur anthracite et du design des portes et fenêtres qui lui donneront un aspect très moderne. Elle ne correspondra plus à l’esprit de la rue, si pittoresque.

 

10 RUE LACAZE

PC-075-114-12-V-0019 — Date d’enregistrement : 02-04-2012.

Pét. : M. Philippe LE GAC, IMMOBILIERE 3F. — Arch. : BAUDOUIN BERGERON, 5 bis, place du 8 Mai

1945, 92800 PUTEAUX.

Construction d’un bâtiment de 4 étages sur un niveau de sous-sol à usage d’habitation (14 logements sociaux créés) après démolition d’un ensemble de bâtiments d’1 étage. Surface à démolir : 432 m2. Surface créée : 808 m2. S.T. : 321 m2.

Cette petite rue, constituée d’habitations fin 19e début 20e, à la forte identité faubourienne, débouche face aux réservoirs Montsouris qui offrent une vue dégagée.

Restant dans la continuité et l’esprit de la rue, selon le dossier consulté a Morland, le projet s’implante à l’alignement dans sa tonalité comme dans ses gabarits ; la façade est plus large que les immeubles voisins, c’est pourquoi 2 séries de loggias en verticales viennent la rythmer en marquant 2 volumes distincts. En RDC, une façade minérale en brique gris pale, aux étages le corps très lisse est en enduit blanc cassé, les menuiseries extérieures sont en bois lazuré naturel, les volets roulants sont en aluminium blanc cassé, la porte d’entrée est vitrée; les gardes corps sont en verre dépoli; les façades jardins sobres sont en enduit du ton de la rue, la toiture-terrasse est gravillonnée; le bâtiment s’organise en T permettant de dégager un jardin de chaque coté le long des héberges, laissant respirer les courettes mitoyennes ouvertes sur le cœur de l’Ilot .

Contrairement au projet présenté, on ne peut pas dire que le futur immeuble s’intègrera dans l’esprit faubourien de la rue, qui, malheureusement, disparait au fil du temps pour être souvent remplacé par des constructions récentes à l’architecture plus que banale.

 

15e arrondissement

24 RUE SANTOS-DUMONT

PC-075-115-12-V-0009 — Date d’enregistrement : 14-02-2012.

Pét. : M. PETROSSIAN Armen. — Arch. : CABINET LAZO & MURE, 21, rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011 PARIS.

Construction d’une maison d’habitation de 2 étages sur rue et jardin sur 3 niveaux de sous-sol (3 logements créés) après démolition totale d’un bâtiment d’habitation à rez-de-chaussée et de 2 appentis sur jardin avec création de 3 places de stationnement, d’une piscine et d’une salle de sport au sous-sol. S.H.O.N. à démolir : 193 m2 S.H.O.N. créée : 768 m2.

Dans sa séance du 13-04-2012, la Commission du Vieux Paris a validé la démolition des bâtiments sur rue et sur cour car de moindre intérêt patrimonial. (Maire de Paris-Texte DHAAP du 13-04-2012).

D’après le dossier consulté à Morland, le bâtiment sur cour est cité comme un ancien bâtiment de ferme.

Le pétitionnaire est M. Pétrossian (caviar). La future maison sera certainement agréable à habiter, mais son aspect ne paraît pas des plus esthétiques, notamment la barrière style chantier en rez-de-chaussée (en métal aspect rouillé...)!!! Ceci dit l'immeuble récent sur sa gauche est du même genre. Dommage pour la petite maison à droite !

 

7 PLACE ETIENNE PERNET

PC-075-115-12-V-0025 — Date d’enregistrement : 12-04-2012.

Pét. : Mme Maëlys DHUIEGE. — Arch. : M. Alain EBLE, 9, rue Rottembourg, 75012 PARIS. Surélévation de 2 étages et combles d’un bâtiment de 1 étage à usage de commerce et d’habitation avec changement de destination du commerce en habitation, déplacement d’une trémie d’escalier à rez-de-chaussée, extension du sous-sol, création de terrasses aux 1er étage et combles et modification de la façade sur rue et cour. Surface démolie : 33 m2. Surface créée : 106 m2.

Le bâtiment est occupé par deux habitations distinctes. Selon le dossier consulté à Morland, le schéma de la surélévation montre que c’est l’habitation à gauche qui sera concernée par le projet. Cette surélévation n’est pas choquante en soi si ce n’est qu’elle va avoir un impact visuel de déséquilibre avec l’habitation de droite.

 

21 RUE SANTOS-DUMONT

PC-075-115-12-V-0024 — Date d’enregistrement : 10-04-2012.

Pét. : Mme Eve et M. Jean-Marc LUSZPINSKI. — Arch. : M. Antoine WEYGAND, 6 bis, villa Santos-Dumont, 75015 PARIS.

Surélévation d’un niveau d’un bâtiment d’1 étage sur un niveau de sous-sol avec ravalement des façades. Surface créée : 54 m2. S.T. : 171 m2.

L’immeuble d’un étage, à six travées, en bon état, doit être surélevé d’un niveau. Il a, en effet, besoin d’un bon ravalement. D’après le dossier consulté à Morland, la surélévation projetée n’est pas particulièrement belle – on aurait peut être pu faire mieux – mais pas choquante car l’unité de style dans cette rue est quasiment inexistante.

 

16e arrondissement

43 AVENUE D’IENA

PC-075-116-12-V-0012 — Date d’enregistrement : 24-02-2012.

Pét. : S.A.R.L. REIC FRANCE. — Arch. : M. Soren ERIKSAN, 65, rue Louis Rouquier, 92300 LEVALLOIS-PERRET.

Surélévation d’un bâtiment d’habitation de 4 étages sur 1 niveau de sous-sol, sur rue et cour, après démolition de la toiture, avec redistribution intérieure, démolitions partielles de murs porteurs, création d’un escalier et d’un ascenseur et ravalement des façades avec remplacement partiel des menuiseries extérieures. S.H.O.N. à démolir : 40 m2. S.H.O.N. créée : 232 m2. S.T. : 420 m2.

La description de cette propriété par le cadastre de 1862 est conforme dans l’ensemble à l’état actuel. Il s’agit d’un bâtiment élevé partie sur sous-sol, partie sur cave, d’un rez-de-chaussée, deux étages carrés et un troisième mansardé. En fond de cour, un bâtiment en forme de fer à cheval est élevé sur sous-sol, d’un rez-de-chaussée et un étage carré, surmonté d’un grenier.

Dans la cour, une petite aile droite avec sellerie est suivie d’une écurie en sous-sol pour quatre chevaux et d

’une remise pour quatre voitures à rez-de-chaussée. Des logements de domestiques trouvaient place au premier étage et un grenier à fourrage au second.

Sur l’avenue, la façade de pierre à cinq travées a conservé des proportions et un décor dans le goût néo XVIIIe siècle. Les entablements sur consoles surmontant les fenêtres de l’étage noble s’ornent de volutes sur les trois travées principales.

L’intérieur a lui aussi conservé de nombreux éléments de décor de plâtre dans les salons devenus des bureaux. La distribution a été simplifiée par la transformation en bureaux mais l’escalier principal à rampe de ferronnerie subsiste sous sa verrière.

Le projet consiste à surélever l’immeuble en prolongeant le brisis d’un deuxième étage de comble éclairé par une nouvelle rangée de lucarnes. Cet ajout serait visible depuis l’avenue par delà l’immeuble d’angle voisin à rotonde, de même facture et de proportions identiques.

A l’intérieur, l’escalier principal et l’ascenseur seraient démolis au profit d’un nouveau noyau de circulation verticale, encloisonné, au même endroit. (Mairie de partis-Texte DHAAP du 11/05/2012).

Dans sa séance du 15-06-2012, la Commission du Vieux Paris a émis une résolution contre la surélévation du bâtiment et la démolition de l’escalier d’origine. (Maire de Paris-non encore publiée dans le BMO).

 

43 AVENUE D’IENA (suite)

D’après le dossier consulté à Morland, le propriétaire unique et maître d’ouvrage veut veiller à la conservation de la charpente, même dégradée, par le biais de la surélévation, façon de faire accepter le projet ! Nombre d’immeubles de l’avenue d’Iéna du XIXe siècle ont été presque tous surélevés, parfois de deux niveaux. Les travaux intérieurs porteront sur la démolition partielle de planchers pour gaine d’ascenseur et la construction d’un nouvel escalier après démolition de l’escalier d’origine. Le ravalement, très nécessaire, sera respectueux avec décapage de la pierre de taille, des balcons, lucarnes, bossage et souches de cheminées. Pas de travaux prévus sur le bâtiment annexe en fond de cour, en arrondi, comportant des balustres.

Même s’il est stipulé qu’un certain nombre d’immeubles du XIXe siècle ont été surélevés dans l’avenue d’Iéna, nous sommes d’accord avec la Commission du Vieux Paris et pensons également que la surélévation de ce beau bâtiment est inacceptable ! Elle serait également en rupture avec l’immeuble à l’angle de l’avenue d’Iéna et de la rue Galilée. La disparition du bel escalier d’origine serait tout à fait regrettable.

 

43X RUE BOILEAU – 14 VILLA MOLITOR

PC-075-116-12-V-0021 — Date d’enregistrement : 05-04-2012.

Pét. : M. Pak Lee LAM, S.C.I. OSCAR. — Arch. : M. Mathieu JULIEN, 39, quai de Portillon, 37540 SAINT-CYR SUR LOIRE.

Extension d’un bâtiment d’habitation de 1 étage et comble sur 1 niveau de sous-sol après démolition de 2 bâtiments d’habitation de 1 étage et comble. Surface démolie : 275 m2. Surface créée : 358 m2. S.T. : 789 m2.

Petit hôtel fin XIX° siècle avec jardin donnant sur la rue Villa Molitor. En 2010 déjà, une rénovation à l’ancienne des verrières du RDC qui encadrent la façade, façon orangerie, a été effectuée avec embellissement du jardin. Cette façade ne connaîtra aucune autre modification.

Le nouveau projet a l’ambition de tripler le volume de la maison sans rien changer de l’esprit des lieux. Le propriétaire a racheté les deux lots à l’arrière, vastes terrains donnant sur la rue Boileau, reconstituant ainsi l’ancienne parcelle traversante. Ce sera le nouvel accès. Il s’agit de construire une maison siamoise accolée par le dos à l’ancienne, en étirant au maximum le volume habitable offert par la nouvelle surface acquise.

On verra donc, façade Boileau, une maison entièrement neuve, copie de l’ancien hôtel subsistant à l’arrière, et dans le prolongement de tous ses volumes, toiture incluse.

On peut avoir une Interrogation sur les bâtiments détruits. D’après les plans ce seraient de petits volumes d’un seul niveau.

Sinon, cette façon luxueuse d’augmenter un volume habitable, dans le respect du style existant, sans gêne pour le voisinage, sans même empiéter sur les jardins, est remarquable.

 

17e arrondissement

105 AVENUE DE CLICHY

PC-075-117-12-V-0025 — Date d’enregistrement : 12-04-2012.

Pét. : M. KLEIN Jean-Dominique, S.C.I. KZT PROMOTION. — Arch. : M. KAISER Gerd, 28, bd Poissonnière, 75009 PARIS.

Construction d’un bâtiment de 7 étages sur un niveau de sous-sol sur rue et cour à destination d’habitation (18 logements créés) et de commerce, et d’un bâtiment annexe de 2 étages sur cour à destination d’habitation (1 logement créé) et de local vélos et poussette après démolition d’un bâtiment d’habitation et de commerce d’un étage. Surface supprimée : 327 m2. Surface créée :881 m2.

Le petit bâtiment d’habitation R+1, de style faubourien, coincé entre un magasin d’alimentation Super U et un Bâtiment R+3 va faire l’objet d’une démolition pour laisser place à ce qui pourrait s’appeler une opération immobilière dans le quartier et sur l’avenue de Clichy puisqu’un nouveau bâtiment de 7 étages va venir s’insérer à sa place. IL va offrir certes de nouveaux logements (19), mais sans présenter, d’après les plans consultés à Morland, un intérêt architecturale majeur.

Une nouvelle fois, on peut regretter la démolition de ce petit bâtiment faisant disparaître cette architecture faubourienne, laissant place à un immeuble densifiant un peu plus la parcelle et dont l’architecture est plutôt banale, sans recherche d’esthétique !

 

4 CITE JOYEUX

PC-075-117-12-V-0024 — Date d’enregistrement : 06-04-2012.

Pét. : M. LANDRIN Olivier.

Réhabilitation d’une maison de ville sur jardin avec modification du volume de la toiture et des ouvertures en façade, démolition d’un appentis à rez-de-chaussée et réaménagement du jardin. Surface créée : 15 m2.

Située près de la Cité des Fleurs dans la rue des Epinettes, cette petite impasse est entourée de petites maisons de ville qui ne présentent pas un intérêt architectural majeur. D’après le dossier étudié à Morland, le projet au n° 4 rue de la Cité Joyeux consiste uniquement à améliorer l’état d’une maison déjà assez dégradée. Il s’agit surtout de profiter des travaux d’aménagements généraux pour agrandir les baies existantes et gagner une chambre supplémentaire au dernier étage, en modifiant le volume de la toiture. Celle-ci bénéficiera d’une couverture en zinc anthracite typique des toitures parisiennes. L’aménagement du jardin sur l’impasse redonnera du cachet et un meilleur aspect à cette maison.

 

19e arrondissement

12B RUE MEYNADIER – 93 RUE DE CRIMEE

DP-075-119-12-V-0042 — Date d’enregistrement : 23-02-2012.

Pét. : M. François LACOSTE, LACOSTE & THIEULIN.

Réhabilitation d’un bâtiment d’habitation, de bureau et de commerce, de 2 étages + combles sur 1 niveau de sous-sol, sur cour, avec réfection et consolidation de la couverture et des planchers, ravalement des façades avec pose d’une isolation thermique par l’extérieur et suppression de baies.

Église orthodoxe russe Saint-Serge (de Radonège). Située sur une petite colline au nord des Buttes-Chaumont, elle fut d'abord une église luthérienne allemande édifiée en 1858-1865. On doit sa construction à l'initiative d'un pasteur allemand, Frédéric de Bodelschwingh, venu évangéliser Montmartre, peut-être à l'instigation de Gérard de Nerval. Il fit construire ce temple entièrement en brique rouge, seules les fenêtres latérales sont surmontées de linteaux en brique blanche. Celles du transept sont en arcs brisés et dédoublés. La pierre n'est utilisée que pour les clés des arcs et les corbeaux. Le rez-de-chaussée est occupé par les salles de réunion et de cours, le premier étage étant réservé au culte. C'est une architecture modeste et charmante, dans un paysage devenu rare à Paris. Elle devient église orthodoxe russe après 1918. Un escalier extérieur en bois orné de fresques peintes par Dimitri Stelletsky est alors ajouté. L'ensemble est complété par un bâtiment annexe en maçonnerie et bois datant des années 1860. (Mairie de Paris-Annexe VI-PPVP).

Selon le dossier consulté à Morland, il s’agit de l’ancienne ciergerie (début XIXe siècle) à gauche de l’église, en entrant par la rue de Crimée, bâtiment à pans de bois, avec une structure bois intérieure, remplissage plâtre en façade sur des épaisseurs très faibles. La toiture est en tuile mécanique sur une charpente bois. L’ensemble est vétuste, les éléments structurels en mauvais état, et la Mairie de Paris s’apprêtait à déclarer un arrêté de péril. Des étaiements provisoires ont été posés. Travaux prévus :

- La charpente reprendra le chevronnage existant ;

- Les poteaux et planchers seront consolidés ;

- Les remplissages actuels en plâtre seront démolis et remplacés par des remplissages composés d’un bardage en panneaux de bois de type Sto recouvert d’un enduit projeté à la chaux, côté extérieur et des panneaux TRIPLY fixés sur des ossatures bois, côté intérieur. Une isolation par panneaux de fibre de bois sera disposée sur les éléments d’ossature bois des panneaux de remplissage ;

- Toutes les menuiseries bois existantes, vétustes, seront déposées et remplacées par des menuiseries bois de même dimensions et découpage ;

- La couverture sera remaniée avec remplacement des tuiles cassées et des liteaux endommagés. Les éléments en zinc seront remplacés. Les deux souches présentes en toiture seront démolies ;

- Le terrain étant à proximité d’une ancienne carrière, le renforcement des fondations de la construction à été demandé. Ce bâtiment, inscrit PPVP, mérite d’être restauré et la restauration proposée est tout à fait acceptable.

 

12B RUE MEYNADIER – 93 RUE DE CRIMEE

Nous vous proposons de vous reporter, dans la rubrique ‘Dernières Nouvelles’, à l’article du Figaro dénonçant les déprédations faites aux peintures de l’église Saint-Serge.

 

162 AU 164 RUE DE CRIMEE – 2X RUE EMILIE

PC-075-119-12-V-0020 — Date d’enregistrement : 06-04-2012.

Pét. : Mme Véronique MUSSON-GONNEAUD et M. Philippe GONNEAUD. — Arch. : CABINET LECAUDEY et MATHIEUX, 77, rue Vauvenargues, 75018 PARIS.

Surélévation de la toiture en vue d’aménager les combles d’un bâtiment d’habitation de 1 étage + combles sur 1 niveau de sous-sol, sur rue, impasse et cour, avec création d’un balcon au R + 2 côté cour, modification des liaisons verticales et ravalement de l’ensemble des façades avec remplacement et modification de fenêtres. Surface à démolir : 9 m2. Surface créée : 30 m2. S.T. : 336 m2.

Le bâtiment concerné par les travaux se trouve à l’angle rue la rue de Crimée et de l’impasse Emilie. D’après le dossier étudié à Morland, la surélévation sera réalisée dans une teinte légèrement plus foncée que la partie existante pour une distinction lisible en façade entre la partie existante et l’extension.

Le projet montre une architecture classique mais plus sobre. Le bâtiment y perd son caractère particulier avec ses volets, c’est un peu dommage.

 

20e arrondissement

30 RUE PIAT

DP-075-120-12-V-0079 — Date d’enregistrement : 02-03-2012.

Pét. : M. Christian RINALDI, CABINET CP RINALDI.

Ravalement de la façade avec isolation thermique par l’extérieur, réfection de la couverture sur cour et des souches de cheminées sur rue et cour.

Bel immeuble possédant une façade sur rue, riche en modénatures. Selon le dossier consulté à Morland relatif à cette déclaration préalable, il s’avère que l’isolation extérieure projetée ne concernera que la façade sur cour. La façade sur rue ne sera donc pas concernée, ce qui nous rassure car nous avions quelques inquiétudes.

 

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Published by Paris historique - dans Sauvegarde des quartiers
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commentaires

ladrange 08/07/2012 19:44

75 rue des plantes. y-a-t-il moyen de voir des infos plus précises sur le projet ?
ce petit hotel particulier a beaucoup de cachet. c'est vrais qu'autour les immeubles sont disparates et pour certains laids, mais pourquoi ne pas conserver un immeuble original

Paris historique 08/07/2012 20:44



Bonsoir


Tous les dossiers peuvent être consultés à la direction de l'Urbanisme de Paris, boulevard Morland (4e)



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